Très récemment, une affaire judiciaire très médiatisée a réuni le gotha de la politique (pas Clearstream, l'autre, l'Angolagate). Des vedettes y ont comparu, dont les noms importent peu car ce
n'est pas mon sujet. Le sujet aujourd'hui, mais en connais-je d'autres, est la langue française.
L'un des prévenus - qui ? on s'en fout - a été relaxé. Accusé d'avoir usé de son influence certaine auprès d'amis très haut placés, cet intellectuel reconnu a organisé sa défense très intelligemment, et le Tribunal a décidé que les faits reprochés n'étaient pas juridiquement prouvés. Ou du moins pas assez pour justifier une condamnation. Suivant en cela les règles de droit, le Juge a relaxé ledit prévenu. Ce qu'en toute logique j'approuve, mais là n'est pas le sujet, répété-je, le sujet est notre langue, le français.
Comment dire en un français impeccable, quand on est Juge, que l'on désapprouve fermement une conduite, mais que le droit ne doit pas être dicté par la morale personnelle de celui qui juge ? Comment dire en quelques mots, sans jamais le dire, que l'on n'est pas dupe et que la Justice, si elle est bonne fille cette fois, ne dispense pas le prévenu d'être considéré à sa juste place ?
Comment expliquer qu'on a bien compris que ce monsieur avait usé et abusé de son carnet d'adresses fort garni - pour mettre en contact un
marchand d'armes et un ancien ministre des affaires étrangères -, mais que la preuve qu'il l'avait monnayé, sous quelque forme que ce soit, n'avait pas été assez étayée ?
Le doute profitant à l'accusé, il convenait dès lors de le relaxer, c'est la Loi, et heureusement. Mais comment exprimer malgré tout, en quelques mots simples, que l'homme sous la robe du Juge
n'est point dupe, que le devoir du Juge est de relaxer quand l'homme désapprouve ? Je n'aurais su le faire en peu de mots. Extrait de jugement :
“Pris isolément ou considérés ensemble, ni les éléments qui fondent la poursuite, ni ceux qui la combattent n’emportent la conviction, après avoir rappelé que la réprobation que peut susciter un comportement ne saurait être un critère d’appréciation des preuves ou un motif de culpabilité."
C'est ce que je vous disais : le sujet du jour, c'est le français.
Mme Robert-Diard m'a fourni la matière de cet article. Merci, madame.








Derniers Commentaires