Prouvez qu'un flic est pourri, et pas
un collègue ne se lèvera pour le défendre : il pollue la corporation. Mais de grâce, arrêtez de croire que nos bureaux sont envahis de feignasses corrompues, ça fatigue, à force
!
Ce petit paragraphe traîne dans mes fichiers depuis un bon moment, je n'avais
plus qu'à le développer pour en faire un billet. Il me manquait l'angle d'attaque, mais j'allais le faire sous peu, ça mûrissait. Et puis je suis tombé sur une sourde colère d'avocat, qui m'a
coupé le sifflet.
J'aime bien les colères, les vraies, les belles colères, de celles qui
font remuer les cocotiers, bouger les préjugés, trembler les cellulites cérébrales. Maître Mô – avocat au barreau de Lille - en a éprouvé une récemment, dont je vais vous entretenir ici.
Je précise que son papier intégral évoque un cas réel qui n'a éveillé en moi aucune
compassion particulière (il y défend un couple accusé d'on ne sait quoi), et même je suis en désaccord avec lui sur de nombreux points, mais c'est un défaut professionnel patent : je suis flic,
pas avocat. J'ai donc plus de sympathie pour les enquêteurs que pour les défenseurs, sans que ça retire rien au respect qu'à priori je porte à ces derniers.
Je vous renvoie donc vers son texte si vous le désirez,
mais le ton emporté de l'extrait qui suit suffit à ma jubilation. Il évoque le rapport Léger, censé être destiné à réformer la Justice en France, et qui évoque donc le rôle des avocats dans le
système :
Bien sûr qu’il y en a probablement,
des types malhonnêtes qui portent la même robe que moi : et alors ? Chez les policiers aussi, j’en connais. Et on ne légifère pas spécialement pour nous en garantir, si ? Et quand bien même,
chopez les, les avocats malhonnêtes, faites des procès verbaux si vous pensez qu’une infraction a été commise, que des informations ont été données, que des secrets ont été trahis - mais arrêtez
de nous faire chier avec notre moralité, j’en ai assez, je ne permets à personne de douter de la mienne, et c’est marre ! Comment peut-on écrire […] que nous serions un frein à la découverte de
la vérité, et prétendre respecter le système judiciaire et ses garanties de défense, pardon, de Défense ??? Nous sommes, bon sang, dans certains domaines notamment, plus souvent à l’origine de la
manifestation de la vérité qu’aucun enquêteur ne le sera jamais - oui, je pense aux mœurs, par exemple !
Le jour où les flics et, dans une
moindre mesure, les procs’, me respecteront professionnellement et humainement autant que je respecte quant à moi leur travail et, le plus souvent, leur façon de le faire, je vous le dis, là, on
aura réformé !
Alors voilà, angle d'attaque, emportement, rien à dire. J'y change trois mots deux phrases pour en faire un texte pro-flics, et je le signe, recta.
Si j'ai un jour besoin d'un avocat, j'espère tomber sur un type comme lui
!
Ira furor brevis est : La colère est une folie de courte durée. Trouvé dans Astérix, évidemment.
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