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Bonne nouvelle COUV PREMIERE 

On en a parlé en bien, ici :

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Bonne nouvelle, c'est la police !

Mardi 18 octobre 2 18 /10 /Oct 05:12
- Publié dans : Bonne nouvelle, c'est la police !

 

L'équipe de maquetteuses, nous en sommes d'accord, m'a bricolé une super couverture pour le deuxième bouquin :

 

Bonne nouvelle COUV PREMIERE

 

Or, il se trouve qu'elle est le résultat de tâtonnements, de choix. Je vous passerai les étapes successives, pour simplement vous narrer la première ébauche.

Je reçois sur ma boîte mail un projet, qui semble enthousiasmer tout le monde chez François Bourin Éditeur. Bien.

Je visionne. Jolie idée, effectivement :

 

couverture 11

 

Ca fait viril, non ? Ca va plaire au public et aux flics, ça colle bien à ton titre, c'est génial !

Ben non, les douché-je. C'est pourri. Pourquoi ?

Et d'une, c'est un flic américain. Donc déjà, Niet : je parle des flics français.

Ensuite, photo ramassée, choc, bien cadrée, pas de problème, mais ramassis de conneries pour tout flicard.

Ah bon ?

Oui.

Et d'une, on ne tient pas sa lampe torche comme ça. Jamais. Si le méchant armé en face voit un faisceau lumineux à sa recherche, que va-t-il faire ? Tirer sur la source, la torche. Et donc, sur le flic derrière. Donc on utilise des lampes torche, mais surtout pas comme au cinéma parce que les médailles posthumes, non merci, sans façons.

Et de deux, on n'intervient pas seul, chez nous pas de cow-boy solitaire, pas d'inspecteur Harry. On est deux au minimum et on se protège l'un l'autre en progressant, règle de marbre, de base.

Et de trois, on n'arrive pas FACE à une porte, quand on peut. On choisit les côtés, on ne fait pas du John Wayne : si le type tire au travers, ça va envoyer des échardes plein ma viande. Si on peut s'en dispenser, merci.

Donc oui, idée pourrite.

Il n'empêche, je ne les remercierai jamais assez,  car de l'avis général elles m'ont tricoté au final une superbe et sobre couverture : chapeau les maquettantes   maquettresses   maquetteuses  maquettrices. Merci les filles.

 

Par Serge REYNAUD - 4 blâmes et féloches - Je commente
Jeudi 1 septembre 4 01 /09 /Sep 04:00
- Publié dans : Bonne nouvelle, c'est la police !

 

La France cultive un étrange et épidermique rapport à l'argent : y parler pognon est aussi malséant, aussi répugnant qu'exposer au tout venant ses diarrhées ou constipations. Le fric, c'est sale, c'est caca. Et on joue quand même tous au Loto, espérant un jour se rouler dans la, dans la, dans la moelleuse suavité du luxe décomplexé jusqu'à la fin de nos jours.

Étant sans vergogne Français moi-même, je m'autorise aujourd'hui cette forme accomplie de la vulgarité : je vais vous parler pognon.

ooO0Ooo

 

- Tu as gagné beaucoup d'argent, avec ton premier livre ? m'interroge certes naïvement mais à bon droit parfois un lecteur de rencontre.

- Gagner un euro c'est déjà gagner de l'argent. Donc oui, Chroniques de la main courante m'a rapporté un peu de sous, éludé-je élégamment.

- Combien ? insiste l'indélicat, bientôt fâcheux s'il persiste.

- Moins d'un treizième mois, somme sur laquelle d'ailleurs j'ai acquitté des impôts. Voilà.

- Combien t'as gagné ?  s'autorise le décidément malgracieux.

- Un à-valoir de 1000 €, pour 8 % des recettes. Au final, 1400 € environ. Pour un premier livre d'un inconnu, autour de 1200, 1300 exemplaires vendus : correct. C'est tout.

- À-valoir ? Quoi t'est-ce ? s'exprime leur soif d'apprendre (tiens, il a été rejoint par quelques curieux : normal, on va parler de fric).

- Je vous la fais courte : l'à-valoir est la somme versée à l'auteur par l'éditeur, quand ce dernier accepte le manuscrit. L'éditeur  fait le pari qu'il vendra suffisamment de livres pour rentrer dans ses frais. Le truc, c'est que l'à-valoir est un pari : si l'éditeur ne vend que quinze livres, l'auteur a quand même gagné la somme, il ne restitue rien, l'à-valoir lui est acquis, c'est ainsi.

Et évidemment, je ne touche plus un rond après le versement de l'à-valoir, tant que le montant dudit à-valoir n'est pas atteint avec mon pourcentage sur les ventes.

- Gné ? bavent-ils.

- D'accord, j'explique mais en moins de six lignes sinon c'est gonflant, alors soyez attentifs :

J'ai eu droit par contrat à 8 % du prix de vente du livre. Grâce à ces 8 %, le montant de 1000 € est un jour atteint dans la colonne "dû à l'auteur". 1000 € qui me reviennent mais l'éditeur ne me verse rien : il me les a déjà versés, c'était le fameux à-valoir versé à la signature. Tout ce qui se rajoute aux 1000 € dans la colonne "8% pour l'auteur", c'est en plus de l'à-valoir, il me le versera. Mais si ce montant n'est pas atteint, tant pis pour lui, donné c'est donné, c'est un à-valoir, c'est pour l'auteur quoi qu'il arrive.

- Ah, d'accord. Mais le deuxième, alors ? poursuit l'auditoire.

- Le deuxième quoi ? répond innocemment l'auteur imbu de sa dérisoire personne, voulant se faire prier.

- Le deuxième livre, connard ! répondent-ils frisant la grossièreté, calmez-vous, quoi.

- Pour le deuxième, j'ai obtenu 2000 € d'à-valoir, et 10 % sur les ventes. C'est un contrat type dans le milieu (oui, le milieu) de l'édition, mon travail (c'en est un) va être rétribué mais je ne vais pas m'offrir l'Aston Martin de mes rêves. Cela dit, j'aurai peut-être un treizième mois en 2011, finalement.

- Donc, pour vivre un jour de ta plume ? poursuit l'assemblée jamais rassasiée.

- Et bien, pour faire dans l'euphémisme : pas tout de suite. Si je vends seulement mille exemplaires du tome 2 (Bonne nouvelle, c'est la police !, 19 €), je gagnerai mille fois 10 % de 19 €, soit… Oui, c'est ça : 1900 €. Et les 100 € de différence avec les 2000 € de l'à-valoir ? L'éditeur les perd et ils me restent acquis, c'est le jeu.

- Alors si tu en vends 5000, ça fait combien, en picaillons ?

- Facile : 10 % de 19 € multipliés par 5000 exemplaires, égalent… Bouge pas. Calculette. Je reviens. Bouge pas. […]

J'ai reviendé. 5000 exemplaires impliqueraient 9500 € pour moi. Alors imagine trente mille exemplaires, ce serait sympa. Deux euphémismes, suffit, après ça lasse.

Mais si ça se trouve, ça sera vingt-six ouvrages écoulés, le bouillon, la cata, le pilon, la honte. Ca m'inquiète mais sans plus, vraiment. Je me suis régalé à travailler mon écriture, un éditeur m'a suivi, je ne pensais pas qu'un seul bouquin de moi paraitrait un jour et j'en suis à préparer le tome 3 pour 2013.

Au final, cent mille exemplaires s'arrachant d'ici Noël ? Joie, Crillon et Mouton Rothschild ! Trente-huit bouquins achetés par erreur et bazardés illico dans les vide-greniers ? Joie, Gîtes de France et cidre fermier !

Pour expliquer mieux ce relatif détachement, en parfaite vulgarité assumée, deux motifs valant conclusion.

Et d'une : j'ai hérité d'un splendide cancer colorectal fin 2007 auquel j'ai réchappé grâce à l'ablation d'un long et répugnant segment de ma tripaille, la dérivation provisoire de mes évacuations fécales dans une poche par un morceau de mon intestin grêle sortant de mon flanc, quatre anesthésies générales et une chimiothérapie implacablement émétogène (qui fait grassement gerber) : pour moi dorénavant toute journée vécue est arrachée à la douleur sourde, aux fragrances hospitalières, au vomi aigre, à la merde et à la mort. Alors les considérations morales ou financières, oiseuses ou justifiées à propos de mes chiffres de ventes ne sont, pour faire dans l'élégance détachée, que superfétatoires billevesées.

Et de deux : même si Bonne nouvelle, c'est la police ! ne se vend pas, les 2000 € d' à-valoir, je les garde.

 

Par Serge REYNAUD - 4 blâmes et féloches - Je commente
Samedi 27 août 6 27 /08 /Août 05:02
- Publié dans : Bonne nouvelle, c'est la police !

 

L'histoire intitulée Érection, piège à con ne m'est pas arrivée personnellement. Je me la suis accaparée pour des raisons qu'il serait trop long d'exposer  ici - et surtout profondément ennuyeuses. Petit extrait du catalogue desdites raisons : préservation de l'anonymat des protagonistes, acquisition des termes pour une écriture distanciée sans perte de la proximité, respect de la réalité des faits indissolublement liée à … je vous avais prévenus, c'est ennuyeux.

J'ai décidé cette fois d'écrire cette histoire avec JE au lieu de IL, tout comme souvent je fais l'inverse pour des raisons tout autant valables que celles évoquées supra. Et tout autant ennuyeuses, d'ailleurs.

Les détails, les anecdotes que je raconte sont tous vrais, et je m'autorise sans complexe quelques licences littéraires pour en fluidifier la lecture, leur apporter ma patte, une touche de pédagogie parfois, et pourquoi pas mon style. Sinon ce ne seraient que des anecdotes. Or l'anecdote est pour moi un support, non une fin. J'aime raconter des histoires en travaillant mon écriture, en fouillant dans les angles d'approche, en fouaillant la pâte humaine. Sinon je vous fais les "1000 meilleures blagues de blondes", c'est pas mal, aussi.

Une fois encore, je ne raconte pas MA vie ici : vous avez la vôtre, elle est tout aussi intéressante. Je vous raconte MA vision du métier de policier car j'ai la chance de l'exercer, et que j'aime écrire.

Alors ce n'est pas à moi qu'est arrivée l'anecdote du pilier maudit, et tant mieux. Mais quand le collègue m'a fait cadeau de cette histoire, les larmes de rire et l'empathie masculine étaient bien les miennes. Il m'a autorisé à raconter tout ça sans le citer, j'ai donc pris sa gêne, sa douleur et son éclat de rire à mon compte.

Je le remercie encore de ce cadeau, tout comme j'en profite pour remercier tous les collègues qui m'ont fait le même : une belle anecdote personnelle qui les a touchés, une histoire humaine, triste ou drôle, effrayante ou morale, un bout d'humanité offert à l'auteur que je tente de devenir. Ils sont mon inspiration tout autant que ma carrière personnelle, ils sont ma matière, le terreau prometteur duquel j'extrais mon travail, et ça deviendrait pas ennuyeux, là ?

Par Serge REYNAUD - 2 blâmes et féloches - Je commente
Lundi 4 juillet 1 04 /07 /Juil 05:01
- Publié dans : Bonne nouvelle, c'est la police !

 

C'est l'été, le blog s'en va lui aussi se reposer, pendant deux mois. Que veux-tu, un blog de fonctionnaire…

Donc aucune publication extraite de ma production, passée ou à venir, cet été. Quelques bricoles sur la page Facebook ou ici même, mais pas d'histoire flicarde. Un gros boulot littéraire m'attend auquel j'ai décidé de me consacrer, on en reparle à compter du 1er septembre. Pour la reprise d'activité du blog, ce jour-là j'évoquerai les chiffres de vente de mes livres dans un texte titré : VULGAIR€. Tu es prévenu.

En attendant, c'est l'été, brûlante saison fragile des lectures indolentes au hamac ombré. Tu pourras avantageusement te balancer en mon dernier livre, lequel t'accueillera par - comme c'est original - une préface. Je la reproduis ici en guise de publicité incitative à l'achat dudit opus.

Je te souhaite un bel été, et on se revoit bientôt. Préface :

 

Bonne nouvelle, c’est la police !

 

« La vraie vérité est toujours invraisemblable. »

Fedor Mikhaïlovitch Dostoïevski

 

Le livre que tu tiens en mains a ce titre pour trois raisons.

La première, de loin la plus valable à mes yeux, est que j’en avais envie.

En effet, lorsque mon premier livre est paru, nul ne m’a fait grief de l’avoir nommé Chroniques de la main courante, bien qu’aucune citation de notre fameux registre n’y apparût jamais. Le son m’en était agréable, son évocation informelle de commissariats pleins d’uniformes et de citoyens en demande suffisait à ma satisfaction de policier et d’auteur.

Puisque aucune chronique ne s’est glissée non plus dans ce nouvel opus, j’aurais pu l’intituler idem en y adjoignant simplement «Tome 2», et on n’en parlait plus. Mais non.

Dans celui que tu tiens, j’ai écrit une lettre virtuelle à une contrevenante maligne, je me suis mis dans la tête d’un officier gaffeur, d’une grand-mère agressée, d’une fliquette enragée, d’un collègue involontairement priapique… J’ai tellement modifié mes approches que mes potes de casquette m’ont conseillé – en toute confraternité, évidemment – de décrire les affres d’une paire de lacets sur une chaussure d’intervention, voire la haine d’un panneau routier pour les 4X4 urbains. J’y songerai, pour le tome 3.

Que voulais-je écrire, donner à lire dans ce tome 2 ? Je crois bien, lecteur certes mais aussi citoyen au service duquel je suis depuis… depuis longtemps, que je voulais te dire plus les flics. Je voulais te rappeler nos préférences culinaires dissemblables, nos orientations politiques ou sexuelles variées, notre communauté de travail sous cet uniforme qui porte bien son nom. Mais surtout te dire la chance d’avoir, pour la plupart, un point commun en dehors de la tenue bleue : la vocation.

Nous aimons ce que nous faisons. Nous sommes dans le monde, connaissons sa complexité et revenons toujours aux bases simples de notre engagement : aider les bons, arrêter les méchants.

C’est pourquoi l’arrivée de la police quelque part, c’est une bonne nouvelle. Ceux qui nous ont appelés se sentent mieux, les autres commencent à flipper. Oui, n’en déplaise aux malgracieux, la bonne nouvelle pour la résolution des problèmes, c’est l’arrivée de la police. C’est la deuxième raison, pour mon titre.

Lecteur, citoyen, je t’offre soixante-six histoires à chute, centrées sur les flicards, basées sur un recueil de faits vrais, et écrites comme des nouvelles. Des nouvelles : c’est la troisième raison.

Je n’ai surtout pas voulu te raconter ma vie, la tienne te suffit, mais par contre, oui, j’ai voulu écrire un livre. Alors, on y va :

Bonne nouvelle, c’est la police !

 

   

Par Serge REYNAUD - 6 blâmes et féloches - Je commente
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