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1 - Le samedi 5 décembre, de 09H00 à 17H00, je dédicacerai au lycée Perrimond, 244 Chemin du Roucas blanc, Marseille 7°, lors d'une manifestation culturelle ouverte à tous. A très bientôt !

2 - T-shirts sympas. Pour flics. Mais pas que.

3
Trouver France Bleu Provence, le Journal du 18 novembre, l'invité de 07H20

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" Jugez, Messieurs, de l'étonnement, de la douleur de l'honorable témoin que voilà quand, rentrant de l'atelier, il trouve sa femme au lit, la tête fendue et la porte défoncée. "
La Liberté, 18 octobre 1908.

Tiré de l'indispensable Dictionnaire de la bêtise et des erreurs de jugement, réédition 1991, G. Bechtel et J-C. Carrière (Bouquins)

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Sur la route

Mercredi 25 novembre 2009
- Publié dans : Sur la route

Le texte suivant est un fantasme, parfaitement assumé, de fonctionnaire ne s'étant que rarement autorisé une sortie hors des clous lors de ses nombreux contacts avec le public.  Contacts qui la plupart du temps n'appellent pas de commentaires particuliers mais, de temps en temps, comment dire, on a un peu envie de génocider du crétin.

Pour ma part, j'ai la chance d'écrire beaucoup, ça me purge avant que la pression générée par la fréquentation répétée des énergumènes traditionnellement dénommés "les cons" ne me fasse commettre une grosse bêtise.

Donc l'histoire qui suit, c'est tout du pour de faux. Ça n'est jamais arrivé. De fait, si l'un ou l'autre spécimen d'humanité malgracieux se reconnaissait dans l'automobiliste évoqué comme ayant été le compère involontaire d'une saynète survenue en Languedoc-Roussillon il y a moins de cinq ans, ce serait forcément un affabulateur procédurier, un menteur que tout ce qu'il dit c'est tellement pas vrai que ça tiendrait pas deux secondes devant un tribunal. On est bien d'accord, n'est ce pas ? Alors voilà.




- Monsieur, vous gênez avec votre voiture, là, je vais vous prier de circuler.

- Non mais oui, mais je reste deux minutes et je m'en vais.

- J'ai dû mal m'exprimer : vous partez immédiatement, vous faites le tour du pâté de maisons pour trouver un emplacement qui gêne moins, vous quittez les lieux, merci.

- Je viens de vous le dire :  deux minutes, même pas, et je m'en vais, j'attends ma femme qui...

- Je vais la refaire : je ne négocie pas avec vous, monsieur, je vous prie de quitter les lieux. Maintenant.

- Putain, mais vous avez que ça à foutre ?!

- Oui.

- Pardon ? Vous dites ?

- Je dis : oui. Je n'ai que ça à foutre. Vous pensez bien que je me suis levé ce matin avec l'idée de faire chier le monde, mais pas uniquement. Vous faire chier, vous spécialement, vous tout seul est le but de ma journée, que dis-je, la mission de ma vie, ma quête unique, personnelle, solennelle et sacrée!

Vous tout seul, individuellement, le malheureux citoyen pressuré à qui la Terre entière en veut, le pauvre innocent qui paye ses impôts, vous la pièce unique, indispensable au fonctionnement de cette planète et malgré cela observé, réprimandé, persécuté, vous l'otage des brutes en uniforme, du fascisme en marche, de la Stasi française, vous spécialement quand vous êtes occupé à emmerder la ville entière en vous garant en triple file parce que " ma femme, ma vie, ma voiture, mon temps, mes impôts, moi, moi, moi  ! "

Oh oui, je n'ai que ça à foutre ! Sauf que moi je le revendique, je l'assume, je l'affirme haut et fort : je n'ai que ça à foutre, et je vais le faire bien, et ça va prendre du temps. Obstruction volontaire à la circulation, et refus d'obéir aux consignes répétées d'un agent habilité. Vos papiers, victime !

 

Par Serge REYNAUD - Recommander - Voir les 9 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 16 septembre 2009
- Publié dans : Sur la route



- Dis-moi, ton interpellé dans le couloir, là, je l'ai pas déjà vu ce mois-ci ?

- Oh si, c'est Kotastup, il vient tous les mois.

- Kotastup ? Il est turc ?

- Mon quota d'arrestations pour détention et vente de stups : quota stup'. Il vend du shit par petites quantités, toujours au même endroit. Il a sur lui à chaque fois une quinzaine de barrettes, pas plus.

On va l'alpaguer tous les vingt cinq - trente jours, ça se passe entre gens de bonne compagnie, à force on ne le menotte même plus. On rédige la procédure, on avise le Procureur et on le libère. Il est un peu simplet, mais pas méchant : il n'a que ça pour vivre, il fait pas du gros trafic, la Justice ne va tout de même pas l'enfermer pour si peu.

- Mais ? Mais c'est complètement con ?!

- Évidemment, et alors ? On me demande un quota d'arrestations pour stupéfiants, je le fournis. Quand il est fourni je vais faire mon vrai boulot, j'enquête, je planque, je vais à la chasse aux infos, je bosse, qu'est ce que tu crois ?


- Mais… Personne n'est au courant que c'est toujours le même ?

- Mais si, tout le monde. On s'en fout, il faut des chiffres, on donne des chiffres. Une fois qu'ils les ont, ils nous foutent la paix, alors on peut se mettre à bosser. Hé, va pas t'amuser à arrêter Kotastup ! C'est le nôtre, personne y touche !

- Euh… Non, merci, ça va, je te rappelle que moi, je gère les délits routiers, alors je m'en fous un peu, de ton gaga ! Par contre ne t'avise pas d'aller constater un dépassement de vitesse sur la 4 voies avenue Sartre ! C'est quota prunes, celle-là !


- Kotaprün ? C'est quoi, c'est kurde ?

- Non, quota – prunes, quota d'amendes si tu préfères.

- Sur l'avenue Sartre ? C'est une quatre-voies, elle n'a rien d'extraordinaire, non ?

- Non, bien sûr, sinon qu'elle est en agglomération. Tout le monde l'a oublié et y roule à 90 km/h mais c'est en ville, donc limité à 50. Alors en fin de mois, si notre quota de PV vitesse n'est pas atteint, on …



Cette brève est bien EVIDEMMENT une FICTION, qui NE se déroule PAS en France.

Par Serge REYNAUD - Recommander - Voir les 16 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 29 juillet 2009
- Publié dans : Sur la route


Il a pris, comme les autres, une clé de véhicule, n'importe lequel, et est allé vérifier qu'il y avait le plein. Pas de bol : moins des trois quarts du réservoir. Obligé d'y aller.


Trouver la carte essence, se souvenir du code à donner au guichetier, et en avant pour la corvée matinale. Tant qu'à faire, il va s'en débarrasser vite fait,alors il démarre la bagnole et s'en va seul, à deux kilomètres de là, faire son plein.


A six heures et quart, il a encore les yeux un peu collés, normal. Sa petite Sarah a crié son angoisse nocturne jusqu'à point d'heure, papa l'a bercée dans la pénombre jusqu'à ce qu'elle se rendorme, alors forcément maintenant Sarah dort comme un ange : et lui est crevé. D'ailleurs, il n'est pas allé au sport avec les collègues, c'est plutôt rare pour un footeux tel que lui ! Mais bon, impossible de courir avec la tête dans le pâté, alors il s'est dévoué avec deux trois autres pour les pleins, tandis que les potes courent après la baballe sur un stade désert pour commencer la journée du bon pied.


Il est presque arrivé à la station ("le code, c'est quoi déjà ? Ah oui, vingt-deux vingt-deux, quelle imagination…"), et un petit groupe lui fait signe de l'autre côté de la large avenue. Ça a l'air important. Sans doute une famille coincée par un gougnafier s'étant garé devant leur porte de garage, un classique de ce quartier. Il met le cligno et s'arrête donc, bâille encore une fois, claque sa portière, et va voir.


- Pressez vous, monsieur l'agent, c'est grave, je crois qu'ils sont morts !


Le mot est lâché. Un an de carrière, la première affaire, le premier paquet d'adrénaline dans la gueule, des morts et il est seul. Pas d'ancien à ses côtés, pas de gradé, tout seul. Des morts. Courir.


Les gens lui désignent deux ados au sol, un scooter atomisé près d'une calandre de véhicule immobilisé sur la voie ; un homme pleure, assis tout près, tremblant. Le conducteur de la voiture sans doute : les deux minots ont dû prendre le sens interdit à fond, et il a pris dans l'habitacle le craquement irrémédiable des tôles et plastiques s'embrassant plein fer, à six heures du mat'. Le laisser pleurer, celui-là ira mieux.


C'est en état second qu'il passe un appel radio un peu embrouillé, mais il est sûr qu'il a dit "Priorité absolue" et "deux blessés minimum", le reste, il a oublié, il est par terre, à genoux, il a posé sa radio au sol. Il est à genoux, et il est mort de trouille, ils sont deux, il est seul, qu'est ce que je fais, bordel, qu'est ce que je fais ?


Il choisit. Le type casqué a l'air démantibulé, et il geint. Il geint. Donc il respire. Il s'occupera de la petite sans casque, qui ne fait pas de bruit. Il a choisi.


Vite et lentement, paniqué et lucide, il écoute sa respiration : elle respire. Il lui parle, regarde-moi petite, regarde-moi, Jésus aide-moi qu'est ce que je raconte je suis fils de musulman si mon père m'entend il me gifle, mon dieu s'il te plaît réveille-la je crois pas en dieu je m'en fous réveille-la les collègues vont arriver, les pompiers aussi, réveille-toi !



[...]

La suite dans mon deuxième livre, à paraître.

 


Se former au Secourisme ? Voir ici, la
Croix Rouge.

Par gabian - Recommander - Voir les 7 commentaires - Ecrire un commentaire
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