Le texte suivant est un fantasme, parfaitement assumé, de fonctionnaire ne s'étant que rarement autorisé une sortie hors des clous lors de ses nombreux contacts avec le public. Contacts qui la plupart du temps n'appellent pas de commentaires particuliers mais, de temps en temps, comment dire, on a un peu envie de génocider du crétin.
Pour ma part, j'ai la chance d'écrire beaucoup, ça me purge avant que la pression générée par la fréquentation répétée des énergumènes traditionnellement dénommés "les cons" ne me fasse commettre une grosse bêtise.
Donc l'histoire qui suit, c'est tout du pour de faux. Ça n'est jamais
arrivé. De fait, si l'un ou l'autre spécimen d'humanité malgracieux se reconnaissait dans l'automobiliste évoqué comme ayant été le compère involontaire d'une saynète survenue en
Languedoc-Roussillon il y a moins de cinq ans, ce serait forcément un affabulateur procédurier, un menteur que tout ce qu'il dit c'est tellement pas vrai que ça tiendrait pas deux secondes devant
un tribunal. On est bien d'accord, n'est ce pas ? Alors voilà.
- Monsieur, vous gênez avec votre voiture, là, je vais vous prier de circuler.
- Non mais oui, mais je reste deux minutes et je m'en vais.
- J'ai dû mal m'exprimer : vous partez immédiatement, vous faites le tour du pâté de maisons pour trouver un emplacement qui gêne moins, vous quittez les lieux, merci.
- Je viens de vous le dire : deux minutes, même pas, et je m'en vais, j'attends ma femme qui...
- Je vais la refaire : je ne négocie pas avec vous, monsieur, je vous prie de quitter les lieux. Maintenant.
- Putain, mais vous avez que ça à foutre ?!
- Oui.
- Pardon ? Vous dites ?
- Je dis : oui. Je n'ai que ça à foutre. Vous pensez bien que je me suis levé ce matin avec l'idée de faire chier le monde, mais pas uniquement. Vous faire chier, vous spécialement, vous tout seul est le but de ma journée, que dis-je, la mission de ma vie, ma quête unique, personnelle, solennelle et sacrée!
Vous tout seul, individuellement, le malheureux citoyen pressuré à qui la Terre entière en veut, le pauvre innocent qui paye ses impôts, vous la pièce unique, indispensable au fonctionnement de cette planète et malgré cela observé, réprimandé, persécuté, vous l'otage des brutes en uniforme, du fascisme en marche, de la Stasi française, vous spécialement quand vous êtes occupé à emmerder la ville entière en vous garant en triple file parce que " ma femme, ma vie, ma voiture, mon temps, mes impôts, moi, moi, moi ! "
Oh oui, je n'ai que ça à foutre ! Sauf que moi je le revendique, je l'assume, je l'affirme haut et fort : je n'ai que ça à foutre, et je vais le faire bien, et ça va prendre du temps. Obstruction volontaire à la circulation, et refus d'obéir aux consignes répétées d'un agent habilité. Vos papiers, victime !








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