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ZOOMS


1 - De 1'50" à 4'02", joue du piano avec un grand.

2- T-shirts sympas. Pour flics. Mais pas que.

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" Jugez, Messieurs, de l'étonnement, de la douleur de l'honorable témoin que voilà quand, rentrant de l'atelier, il trouve sa femme au lit, la tête fendue et la porte défoncée. "
La Liberté, 18 octobre 1908.

Tiré de l'indispensable Dictionnaire de la bêtise et des erreurs de jugement, réédition 1991, G. Bechtel et J-C. Carrière (Bouquins)

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Mes invités

Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /2009 08:00
- Publié dans : Mes invités

L'auteur du jour est un invité, Viktor. Il est gardien de la paix, depuis quatre ans en Police Secours en Seine Saint Denis.
Je lui laisse les clés des commentaires pour une semaine.
Bonne lecture à tous !


04h45

Sigfried est froid, un goût métallique dans la bouche.

Il n’a pas assez dormi mais c’est pour lui une habitude. Il prend son service à 6h00, il est temps d'y aller.

05h40

Sigfried roule sur le périphérique parisien, mal à l’aise dans son vêtement de cuir.

Engoncé entre le siège, le gilet pare-balles et son holster, il y va quand même, bien obligé de suivre le rythme.

05h55

Sigfried arrive au service déjà apprêté, et pénètre dans les sous-sols.

Ses collègues en sont encore à s'extirper de leurs vêtements civils, lui n’a qu’à changer de ceinturon.

Il retrouve sa paire de menottes et sa gazeuse… eux sont restés au placard pour la nuit, et n’ont rien à raconter, évidemment.

Il  sait ainsi que la journée commence bel et bien, chose que confirment les nombreuses réflexions sur le manque de sommeil, la fatigue et la météo qui fusent dans les vestiaires, entre ceux du jour et les « hiboux », les flics de nuit.

Direction le rez de chaussée.

06h00

Sigfried se dirige lui aussi vers le poste, passant devant les cellules de garde à vue.

L’odeur infecte ne le dérange pas : quand bien même il aurait du nez  il y a toujours ce goût métallique qui prendrait le dessus.

Les cellules sont pleines, dix ou douze personnes, entassées dans deux cages crasseuses.

Certains encagés dorment en tas sur le béton, d’autre, trop anxieux pour se reposer, restent debout et observent le va et vient policier à travers les vitres.

 « Eh chef ! Il est quelle heure ? Il arrive quand l’Officier ? j’suis la depuis hier moi et …eh CHEF ! CHEF…!! »

Il n’a pas répondu. Pas dans ces conditions. D'ailleurs il n'a encore jamais répondu pour de bon. Ne jamais répondre, sauf nécessité absolue.

06h01

Sigfried, toujours dans son cuir, se fraye un passage dans la cohue généralisée.

Ceux qui s’en vont et ceux qui arrivent se voient à peine, et certains se cognent au détour d'une porte, rien de grave : le cuir, ça protège.

06h06

Les hiboux de la nuit ont regagné leurs branches, le calme est revenu et l’appel commence.

Les partenaires de Sigfried sont droits et silencieux,  quant aux autres silhouettes dans la pièce,  les yeux rougis de sommeil, elles n’attendent que la fin pour filer prendre un café.

Chacun connait maintenant son poste et les quelques recommandations pour la journée.

Un contrôle routier imposé au milieux d’une place avec des  chaussées à cinq voies, de multiples arrêts de bus et aucune visibilité… laisser les gens y circuler à 80km/h serait probablement plus conforme au bon sens que de tenter d’arrêter qui que ce soit au milieu de cette circulation… encore un choix judicieux d'élites assises.

Sigfried ne commentera pas.

Il travaille toujours en binôme,  même isolé dans une cité, il ne peut pas être seul, impossible, même en surveillance d’un bâtiment ou sur un point de circulation, c’est comme ça et ça ne changera pas.

Aujourd’hui il est en police secours, mais lui ne conduira pas. Il laisse ça à son collègue, il n’est pas là pour ça, et ce n’est cette fois pas qu’une théorie.

D’ailleurs son binôme l’attrape fermement et se dirige vers le bac à sable de l'armurerie... Que se passe t-il ?

Il  retourne Sigfried, le malmène, lui retire son chargeur, vérifiant que le compte est bon.

« Quatorze cartouches, c’est bon Sigfried, on peut y aller ! »

Le collègue remet Sigfried à sa place, et se dirige vers sa voiture de patrouille.

SIG, comme Sigfried. Un jour de schizophrénie, le collègue en a décidé ainsi, il l’appellerait Sigfried, clin d’œil à sa fabrication suisse allemande. 

Sigfried ou SIG SAUER 2022, son arme de service.

 

 

Par VIKTOR - Recommander - Voir les 14 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /2009 07:55
- Publié dans : Mes invités

 

Pour lire et commenter mon dernier texte ("Ah, madame"), il vous faudra aller chez Jayos. Jayos qui est le signataire ici-même du texte qui suit ("Il est frais !"), je ne sais pas si je me fais bien comprendre.

Jayos est un collègue, qui m'a envoyé le texte que vous allez lire ici cette semaine. En échange, je lui ai envoyé un texte qu'il publie sur son site. C'est bon, j'ai tout bien expliqué ?

Donc vous allez commenter son texte ici tandis que pour les commentaires à propos du mien, il faut aller chez lui, parce que si vous commentez chez moi le texte que j'ai laissé chez lui et vice-versa, on ne va plus rien comprendre alors que, déjà aujourd'hui, je ne suis plus sûr moi-même d'avoir tout compris à cette initiative que j'ai pourtant initiée.

En gros, allez là-bas, chez Jayos, pour me lire, et savourez Jayos ici-même.

 

Il est frais !


Le moteur va lâcher ! Le moteur va lâcher ! Le moteur n’a pas lâché.

Le virage ne passera pas ! Le virage ne passera pas ! Le virage est passé.


- De Mirabelle 1, on approche par la rue de Metz.

- De Mirabelle 2, on arrive par la place Victor Hugo.

- De Mirabelle 3, on fait le tour par l’avenue d’Amérique.

- Reçu, d'Eglantine. J’ai toujours le requérant en ligne, l’individu continue son escalade vers le balcon du premier étage.


Minuit et demie. L’heure du crime et demi, pas un chat dans les rues. Une main crispée sur la poignée de toit, l’autre sur le micro de la radio. Le moteur qui hurle qu’il va vomir ses tripes et le chauffeur qui grince des dents tant il est concentré. Après son stage initial, il avait bien fait de prendre la brigade de nuit, le lieutenant ; la procédure c’est bien, l’adrénaline c’est mieux !

L’appel était tombé alors qu’il buvait le café. Un vol par escalade en plein centre ville. Ce n’était sûrement pas l’affaire du siècle, mais arrêter les voleurs c’est le rôle premier de n’importe quel flic.

Alors il avait sauté dans la voiture de la B.A.C. comme si le sort du monde libre en dépendait. Il avait vu défiler les lampadaires plus vite qu’il ne pensait possible dans ces rues étroites. Il avait de justesse retenu sa main avant qu’elle ne se jette sur le gyro. La nuit, une lumière bleue c’était comme gueuler dans un mégaphone : « Prenez garde, Bandits, la Police vient vous chercher discrètement ! ». Il serait passé pour un bleu, ce qu’il ne voulait surtout pas devant les Anciens.

Il avait eu des doutes avant de choisir. Mener une Brigade de Nuit, où les caractères sont bien trempés,  était un pari toujours risqué. Des gars d’expérience, habités à faire comme ils le jugeaient nécessaire et à dire ce qu’ils pensaient. Mais ils étaient bons. Ils s’organisaient d’eux-mêmes. Pas besoin de dire à Machin de passer par là et à Truc de passer par ici. Ils savaient ce qu’il faisaient et il se devait de faire au moins aussi bien qu’eux. Il allait se plaire à la nuit, il en était sûr !

Le chauffeur ralentit d’un coup, rendant le moteur aussi discret que possible.

- On arrive, prit-il la peine de préciser.

Le lieutenant passa rapidement  son équipement en revue. Etui pistolet accessible, radio portable dans la poche, lampe dans la ceinture, le tout bien calé, le tout prêt à courir.

- De Mirabelle 1, on est sur place !

Il sauta de la voiture… et s’arrêta les yeux au ciel, la bouche entrouverte, refusant de croire ce que pourtant il constatait.

Un long silence suivit. Le chauffeur s’assit sur le capot de la voiture haletante et alluma une cigarette. A pas de loup, les autres véhicules approchaient, de vagues sourires éclairant les visages de leurs occupants.

- Devriez fermer la bouche lieutenant, sinon ça va vous rester, lâcha le chauffeur.

Sa mâchoire claqua mais son regard de dévia pas.

- Mirabelle 1 d’Eglantine, vous me confirmez que vous êtes sur place ?

- Mirabelle 1 d’Eglantine ?

- Mirabelle 1 d’Eglantine, pour essai radio.

- Lieutenant, c’est nous qu’il appelle.

Le jeune officier parut réintégrer la réalité. Il cligna des paupières et chercha fébrilement la radio dans sa poche.

- Eglantine de Mirabelle 1, je vous confirme que je n’oserai pas me remontrer au Service de toute la nuit…

Sur la façade du pavillon, tout de rouge vêtu et suspendu à sa corde, le malfrat se balançait au gré du vent. Le Père Noël en plastique contemplait innocemment le désarroi du barretté. Le propriétaire des lieux n’avait pas jugé nécessaire de le décrocher.

- D’Eglantine, il est minuit trente quatre. Je vous souhaite un bon premier avril. Bienvenue à la nuit, Lieutenant.

 

Par Jayos - Recommander - Voir les 13 commentaires - Ecrire un commentaire
Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /2009 08:00
- Publié dans : Mes invités

J'ai reçu ça de la part de Marie, une fidèle lectrice. Je le laisse tel quel, ça m'a fait rire moi aussi !

Bonjour Serge,

Je t'envoie une petite histoire racontée par une Méridionale hilarante, pleine de tchatche et de bonne humeur. Selon elle, c'est une "mésaventure" qu'elle a réellement vécue, et les flics ont tellement ri qu'elle s'en est tout de même bien sortie :

 

- " Qu’est-ce qu’il y a, monsieur l'agent ? Qu’est-ce que j’ai fait ?

- Madame, vous venez de brûler ce feu, là, juste derrière vous.

- Moi ? brûlé un feu ? Alors là ça m’étonnerait ! Jamais de la vie ! Je respecte TOUJOURS le code de la route, moi, monsieur ! J'ai jamais brûlé de feu, attends ! Quel feu, d’abord ? Où ça ?

- Juste derrière vous, madame, à dix mètres.

- Ah non mais attendez, c’est pas que je l’aie brûlé, celui-là, c’est que je l’ai pas vu, c’est différent ! Regardez, on le voit pas, ce feu, il y a l’arbre devant ! Vous pouvez pas me verbaliser pour ça ! C’est dangereux un feu qu’on voit pas, en plus ! Allez, s’il vous plaît, soyez sympa ! Je vous jure que je ferai attention, maintenant que j’ai vu qu’il y avait un feu ! En plus, vous voyez bien, je roulais vraiment pas vite ! J'ai pas fait exprès, je vous assure !

- Bon... (soupir...) Pour cette fois, ça ira...

- Oh merci, merci monsieur l’agent, vous êtes trop gentil !

- Mais quand même, faites vraiment attention. Regardez, nous sommes postés à dix mètres du feu, presque sur la route ! Vous ne nous avez pas vus non plus ?

- Hahahaha, qu'il est drôle lui ! Ben non, tiens ! Si je vous avais vus, je me serais arrêtée au feu, il était rouge ! "

 

 

 

Merci, Marie !

 

 

Par Marie - Recommander - Voir les 5 commentaires - Ecrire un commentaire
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