Pour lire et commenter mon dernier texte ("Ah, madame"), il vous faudra aller chez Jayos. Jayos qui est le signataire ici-même du texte qui suit ("Il est frais !"), je ne sais pas si je me fais bien comprendre.
Jayos est un collègue, qui m'a envoyé le texte que vous allez lire ici cette semaine. En échange, je lui ai envoyé un texte qu'il publie sur son site. C'est bon, j'ai tout bien expliqué ?
Donc vous allez commenter son texte ici tandis que pour les commentaires à propos du mien, il faut aller chez lui, parce que si vous commentez chez moi le texte que j'ai laissé chez lui et vice-versa, on ne va plus rien comprendre alors que, déjà aujourd'hui, je ne suis plus sûr moi-même d'avoir tout compris à cette initiative que j'ai pourtant initiée.
En gros, allez là-bas, chez Jayos, pour me lire, et savourez Jayos ici-même.
Il est frais !
Le moteur va lâcher ! Le moteur va lâcher ! Le moteur n’a pas lâché.
Le virage ne passera pas ! Le virage ne passera pas ! Le virage est passé.
- De Mirabelle 1, on approche par la rue de Metz.
- De Mirabelle 2, on arrive par la place Victor Hugo.
- De Mirabelle 3, on fait le tour par l’avenue d’Amérique.
- Reçu, d'Eglantine. J’ai toujours le requérant en ligne, l’individu continue son escalade vers le balcon du premier étage.
Minuit et demie. L’heure du crime et demi, pas un chat dans les rues. Une main crispée sur la poignée de toit, l’autre sur le micro de la
radio. Le moteur qui hurle qu’il va vomir ses tripes et le chauffeur qui grince des dents tant il est concentré. Après son stage initial, il avait bien fait de prendre la brigade de nuit, le
lieutenant ; la procédure c’est bien, l’adrénaline c’est mieux !
L’appel était tombé alors qu’il buvait le café. Un vol par escalade en plein centre ville. Ce n’était sûrement pas l’affaire du siècle, mais
arrêter les voleurs c’est le rôle premier de n’importe quel flic.
Alors il avait sauté dans la voiture de la B.A.C. comme si le sort du monde libre en dépendait. Il avait vu défiler les lampadaires plus vite qu’il ne pensait possible dans ces rues étroites. Il
avait de justesse retenu sa main avant qu’elle ne se jette sur le gyro. La nuit, une lumière bleue c’était comme gueuler dans un mégaphone : « Prenez garde, Bandits, la Police vient vous chercher
discrètement ! ». Il serait passé pour un bleu, ce qu’il ne voulait surtout pas devant les Anciens.
Il avait eu des doutes avant de choisir. Mener une Brigade de Nuit, où les caractères sont bien trempés, était un pari toujours risqué. Des gars d’expérience, habités à faire comme ils le jugeaient nécessaire et à dire ce qu’ils pensaient. Mais ils étaient bons. Ils s’organisaient d’eux-mêmes. Pas besoin de dire à Machin de passer par là et à Truc de passer par ici. Ils savaient ce qu’il faisaient et il se devait de faire au moins aussi bien qu’eux. Il allait se plaire à la nuit, il en était sûr !
Le chauffeur ralentit d’un coup, rendant le moteur aussi discret que possible.
- On arrive, prit-il la peine de préciser.
Le lieutenant passa rapidement son équipement en revue. Etui pistolet accessible, radio portable dans la poche, lampe dans la ceinture, le tout bien calé, le tout prêt à courir.
- De Mirabelle 1, on est sur place !
Il sauta de la voiture… et s’arrêta les yeux au ciel, la bouche entrouverte, refusant de croire ce que pourtant il constatait.
Un long silence suivit. Le chauffeur s’assit sur le capot de la voiture haletante et alluma une cigarette. A pas de loup, les autres véhicules
approchaient, de vagues sourires éclairant les visages de leurs occupants.
- Devriez fermer la bouche lieutenant, sinon ça va vous rester, lâcha le chauffeur.
Sa mâchoire claqua mais son regard de dévia pas.
- Mirabelle 1 d’Eglantine, vous me confirmez que vous êtes sur place ?
…
- Mirabelle 1 d’Eglantine ?
…
- Mirabelle 1 d’Eglantine, pour essai radio.
…
- Lieutenant, c’est nous qu’il appelle.
Le jeune officier parut réintégrer la réalité. Il cligna des paupières et chercha fébrilement la radio dans sa poche.
- Eglantine de Mirabelle 1, je vous confirme que je n’oserai pas me remontrer au Service de toute la nuit…
Sur la façade du pavillon, tout de rouge vêtu et suspendu à sa corde, le malfrat se balançait au gré du vent. Le Père Noël en plastique contemplait innocemment le désarroi du barretté. Le
propriétaire des lieux n’avait pas jugé nécessaire de le décrocher.
- D’Eglantine, il est minuit trente quatre. Je vous souhaite un bon premier avril. Bienvenue à la nuit, Lieutenant.







Derniers Commentaires