Bienvenue !

ZOOMS


1 - Variation flicarde sur le mensonge.

2 - Fier d'être flic ? Merci, patron. 

3
 - T-shirts sympas. Pour flics. Mais pas que.

Chroniques de mes Chroniques



 







 




 



 


              
      
MON INTERVIEW TELE :
                   

POUR SE PROCURER LE LIVRE :

  OU     


ou carrément :




MAIS N'OUBLIEZ PAS VOTRE LIBRAIRE !

CITATION

" Jugez, Messieurs, de l'étonnement, de la douleur de l'honorable témoin que voilà quand, rentrant de l'atelier, il trouve sa femme au lit, la tête fendue et la porte défoncée. "
La Liberté, 18 octobre 1908.

Tiré de l'indispensable Dictionnaire de la bêtise et des erreurs de jugement, réédition 1991, G. Bechtel et J-C. Carrière (Bouquins)

CONTRIBUTIONS DIRECTES


                        

Invite-toi ici, et fais paraître un de tes textes

Clique sur Contact (bas de page), et propose-le.

Pour plus de détails, vois
mon tout premier article.

Derniers Commentaires

Rechercher

Cela va sans dire

Tous les textes publiés sur ce blog sont la propriété exclusive de leurs auteurs, droits d'auteurs régis par le code de la propriété intellectuelle.

Toute reproduction d’un texte sans l'autorisation expresse de son auteur est illégale (hormis une brève citation, précisant la source et l'auteur).

Action

Mercredi 11 novembre 2009 3 11 11 2009 07:55
- Publié dans : Action


Ce texte est la deuxième et dernière partie de celui entamé la semaine dernière.


[...] Et surtout un évènement nous distrait de l'explication : la brune de tout à l'heure le regarde, plein face, effrontément, en se relevant d'une chute quelconque suite à un jeu de ballon superflu, couverte d'une fine pellicule de sable sur tout un côté, avec des yeux qui ne trompent pas, des yeux dévoreurs et propriétaires.

- L'Albatros. La brune en rouge. Tu l'as pointée ?

- Pardon ?

- Tu l'as bombardée, ça se voit ; t'as dormi dedans, j'en suis sûr, et en plus on dirait qu'elle a aimé ça !

- Dis-nous, on est tes potes, quoi ! Elle est vraiment aussi bonne au pieu qu'elle en a l'air, debout ?

- On peut pas savoir, avec ce maillot qui les écrase un peu, comme ça : ses seins, c'est des vrais ? La vache de canon que c'est, ça doit être ferme sous l'homme, ça !

- Allez, fais pas ton chien, raconte, tu l'as harponnée comment ? En boîte ? C'est vraiment un avion de chasse ! Le plus beau cul de la plage, c'est voté à l'unanimité, hein les mecs ? Une sacrée chaudasse, à vue de nez !

Le sourire n'est pas fat mais il est là, simple, évident sous les yeux de mouche réflectorisés que lui font ses lunettes. L'enfoiré, la plus belle de la plage, au point que même les autres filles le savent, et ça fait pas une semaine qu'il est là ! On regrette déjà d'être passé le voir, un peu. La grande belle se retourne, exposant ses impeccables fesses, l'une caramel l'autre pailletée de sable, et court vers l'onde bouillonnante pour s'y rincer, promesse d'une fraîcheur qui érigera plus encore les larges tétons coiffant les seins lourds et ronds discernables sous le rouge du maillot qui… on se calme, un truc déconne.

L'Albatros a frémi. Son pote aux jumelles lui a envoyé un signe que lui seul a compris, et maintenant il pointe le large du doigt en sifflant. Notre grand pote nous largue dans la seconde, m'abandonnant ses lunettes et lâchant très vite : " La Viande à filin, sûr ! ".

Il s'est jeté sur une sangle qu'il a amplement enfilée autour de son torse et il court dans la direction que pointe son collègue, direction l'horizon. Un long câble uni à la sangle se déroule derrière lui, relié à une bobine qu'un autre sauveteur a attrapée et commence à rapprocher du bord. Un deuxième nageur l'a devancé, trente mètres devant lui, fonçant à force de bras vers le large. A trois mètres devant l'énorme rouleau, assommoir liquide en furie, l'Albatros plonge profondément, comme voulant se noyer plus vite.

Peu familiarisés avec ce sport abscons, nous restons – comme des abscons ? oui, c'est cela – immobiles, estomaqués par la rapidité du truc en marche. Il y a quinze secondes l'Albatros était en train de ne pas nous dire qu'il avait couché avec la bombe atomique en maillot rouge (tiens, comme dans Alerte à Malibu !), et il n'est déjà plus là, ayant entamé un travail sacrément physique et foutrement incompréhensible. Ah, finalement il ne voulait pas se noyer, il est réapparu derrière le rouleau, et nage tout en puissance vers… vers quoi, au fait ?

Pas un sur nous cinq en rangers alignés sur notre carré de sable capable de comprendre ce qui se déroule : à hauteur de plage, pour des gens normaux, il ne se passe pas grand chose. Un sauveteur bronzé portant T-shirt siglé CRS est parti comme une bombe vers le large, l'Albatros l'a suivi en enfilant une sangle reliée à un fil relié à une sorte de grosse bobine, que s'est empressé de ramasser un troisième pour l'approcher de la mer, bras levés bien haut et laissant le fil se dévider. C'est tout.

Deux autres sont sortis du poste et moins d'une minute plus tard, ils entament un concours de tir à la corde avec pour adversaire l'océan face à eux. D'un côté trois sauveteurs sur la plage qui tirent, de l'autre les rouleaux, et sans doute au bout notre Albatros et son pote, plus la victime qu'ils sont allés chercher. Finalement tout s'explique mais avec des jumelles, comme on vient de le faire, et c'est effectivement le type de tout à l'heure, le blaireau, la "viande à filin" comme il disait, qui se fait tracter… Viande à filin, ça y est, j'ai compris ! Tellement sûrs que les frimeurs qui se prennent pour des surfeurs californiens vont une fois sur deux avoir besoin d'eux, ils les ont surnommés comme ça ! 

Le type est effectivement ramené sur le bord, exténué, enlacé par l'Albatros, tiré par l'équipe restée sur la plage. Hé oui, l'Atlantique, quand ça tape, c'est du sérieux, les Viandes à Filin devraient rester à leur place, dans leur salon devant les rediffusions d'Alerte à Malibu.

A ce propos, la fracassante brune au maillot pétaradant couve maintenant l'Albatros du regard, fondante, les mains jointes et tordues, enamourée au dernier degré, n'osant le déranger encore, tout occupé qu'il est à rassurer la victime et l'accompagner jusqu'au poste. Les autres femmes, jeunes et moins jeunes, n'applaudissent pas, mais le cœur y est. Le cœur et le reste, tout le reste.

Pas une qui nous aurait remarqués. Nos uniformes commencent à devenir d'un pesant, tout d'un coup : on les dirait trempés, on se sentirait un peu beaucoup de trop que ça ne m'étonnerait qu'à moitié, il va être temps de rentrer, je sens.

L'Albatros sort du poste et revient déjà vers nous, tout sourire, accompagné de la brune en rouge débarrassée de son sable, de son anxiété, mais pas de sa poitrine, je confirme. J'avale légèrement de travers un air chargé d'iode et d'hormones, de sable en suspension et d'embruns titillants.

- Vu, la viande à filin ?

- Vu, compris, reçu. Chapeau, mec, on savait que tu nageais bien, mais je ne savais pas ce que ça faisait en situation, on regrette pas d'être venus. Vraiment, chapeau !

- C'est pour ça aussi que j'aime ce boulot. La gagne, la nage, le sauvetage. Et les gonzesses, évidemment.

La bombe aux courbes assassines comprimées dans le vermillon n'a pas tiqué. Nous, si. Faut oser, quand même.

Alors, avec son sourire énervant sous les lunettes bleu miroir qu'il vient de reposer sur son nez impeccable, main ouverte vers la star calorifère, négligemment, il nous glace à l'arrache d'un formel :

- Nath', je te présente Jean-Marc, Hervé, Paul, Julien, et Serge, des collègues de ma CRS. Messieurs,  Nath'. Mon épouse.

 

 

 

 

Lien pointant vers la technique du filin

 

Par Serge REYNAUD - Recommander - Voir les 14 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 4 novembre 2009 3 04 11 2009 07:59
- Publié dans : Action

Toute l'année, il nous raconte ses plages des Landes, soi-disant les plus dangereuses de l'univers connu, avec ses baïnes assassines, ses rouleaux fracasseurs, et bla-bla-bli, et bla-bla-bla…  Cette fois, pas de bol pour lui, on est en mission "renfort estival" juste à côté de SA plage, de SES vagues, de SES noyés et de SON sable, alors on ne le prévient pas, et on lui rend visite. Ah oui, de SES bombes atomiques, aussi.

Donc cinq CRS dans notre joli fourgon, et direction la plage de l'Albatros - ce n'est pas le nom de la plage, mais du sauveteur. Deux mètres de haut, une envergure gigantesque et des activités nautiques : le surnom inévitable. Et effectivement, à plus de cent mètres de son poste, on le reconnaît, de dos, tanqué en V majuscule dans un de ses T-shirts administratifs, dont on sait qu'il les a fait retailler par une couturière exprès pour faire saillir ses muscles du bras au sortir de la manche, et souligner son buste taillé en publicité géante pour salle de musculation.

Notre arrivée le met en joie, immédiatement. Il faut bien avouer que la joie, chez l'Albatros, n'est pas ce qu'on appelle démonstrative. Un large sourire qui fait briller ses impeccables dents sous les lunettes polarisantes tout aussi rutilantes, et déjà la rigolade est passée. L'Albatros est un cas.

Notre arrivée ne passe pas inaperçue, tant nos uniformes sont à la limite du grotesque sur cette immense plage blanche surchauffée. Des familles, des gamins, … et des bombes atomiques. Une grappe de filles pour calendriers, en strings électrisants, jouant innocemment mon œil à ces jeux de plages qui font ressortir toutes leurs courbes dans toutes les positions, ou dorant au soleil sur des draps de bain légèrement huilés du contact innocent mon œil de leurs corps alanguis sous la sieste brunissante.

Nos cinq regards ne peuvent se détacher du spectacle de l'une d'entre elles, svelte trentenaire, très grande, brune d'un brun corbeau et d'un bronzage irréprochable de sportive méditerranéenne. Une tête de plus que toutes les filles présentes : une sudiste grande et musclée, déliée et ravageuse, dans un maillot une pièce rouge pétant trop petit de deux tailles, ou alors la mode est vraiment à la couverture minimale et trop suggestive, cet été.

- Euh, l'Albatros, tu l'as vue, la grande près de ton Poste de Secours ?

- La brune ? Je l'ai vue. Je la connais.

- Et alors ?

- Et alors achetez les mêmes lunettes que moi. Moi au moins, elle peut croire que je surveille la mer.

Avantage indéniable des lunettes réfléchissantes : ces nageurs-sauveteurs sont des techniciens éprouvés. Tout en regardant distraitement – tu parles – les naïades mieux que nues s'ébrouer au sortir des rouleaux blancs, rouleaux grondants et palpitants je suppose de les avoir innocemment massées, nous continuons notre conversation avec le grand diomédéidé.

Elle roule sur le sauvetage, la mer, les patrouilles en Zodiac® ou en scooter des mers, la bagarre avec les vagues, la nécessaire connaissance de tous ses pièges, marées comme récifs, ainsi que les petits bobos des estivants, l'inconscience de certains, les coups de soleil, les débuts de noyades, l'appel à l'hélico… Il évoque, simple et calme comme à l'accoutumée, les plongeons des sauveteurs commandés par l'homme de surveillance sur sa chaise d'arbitre près du poste de secours, le coup d'œil qu'il faut avoir pour repérer la viande à filin, et …

- La viande quoi !?

- La viande à filin. Vous connaissez pas l'expression ? Ah bon. Attendez, je vais vous en montrer une. Tiens, ça tombe bien, vous voyez le blaireau là-bas ?

Ledit blaireau est un trentenaire ordinaire, plutôt bien bâti, sorti d'une petite voiture puissante et rutilante en short long et multicolore, typique des fringues de surf. Il détache d'ailleurs de sa galerie une planche adornée de motifs psychédéliques et s'apprête à se jeter dans les rouleaux, les énormes et bruyants rouleaux, on dirait bien qu'ils ont grossi depuis tout à l'heure.

- Ben quoi, c'est un surfeur ?

- Non. Je suis un surfeur. Mes collègues aussi. Lui, c'est juste un branleur qui a acheté une planche, est passé chez le coiffeur pour sa coupe d'été, et qui va emballer de la pouffe avec sa bagnole cirée, sa planche toute neuve et son bronzage aux UV artificiels. Viande à filin. Vous allez voir, je lui donne un quart d'heure, pas plus.

Bon. L'Albatros est un taiseux, et on dirait bien que trente secondes de parlotte d'affilée constituent un maximum d'explication. On connaît l'oiseau, aucune inquiétude, il ne parle jamais pour ne rien dire. Et surtout un évènement nous distrait de l'explication : la brune de tout à l'heure le regarde, plein face, effrontément, en se relevant d'une chute quelconque suite à un jeu de ballon superflu, couverte d'une fine pellicule de sable sur tout un côté, avec des yeux qui ne trompent pas, des yeux dévoreurs et propriétaires.


                                                          à suivre...

Par Serge REYNAUD - Recommander - Voir les 13 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 1 juillet 2009 3 01 07 2009 07:42
- Publié dans : Action

 

Rude dégringolade. Nous sortons tous deux d’un entraînement intensif de deux semaines, et au lieu de mettre nos nouvelles compétences en pratique nous voilà désignés pingouins au festival de Cannes.

Des jours entiers à courir dans les allées bétonnées du centre d’instruction, à faire et refaire les progressions en zone dangereuse, à éviter les pièges de la guérilla urbaine, à interpeller du fou furieux en binôme, à s’éclater les pouces sur ce foutu tonfa, à menotter de plus en plus vite, à tirer des dizaines de cartouches au stand dans toutes les positions, avec le moniteur qui te hurle dans le dos des consignes de plus en plus complexes et boum, première mission de retour à l’Unité : pingouins.

Pingouin c’est la Tenue N°1, sobre et noire sur la chemise blanche, plus fourragère, jolie casquette et chaussures cirées. La mission ? Promenades dans les couloirs du Palais ou haies d’honneur sur tapis rouge. De la figuration en jolie tenue noir et blanc, la tenue de pingouin.

On patrouille par paires, promenant notre uniforme impeccable au milieu du Palais avec distinction et rigueur, c’est tout ce qu’on nous demande. Nous deux évoquons encore les séances concoctées par nos instructeurs pendant ces quinze jours.

Instructeurs sportifs, passionnés, vicelards, rajoutant à mesure des difficultés sans nom pour leurs stagiaires, ils nous ont régalés de barricades piégées, de coins de murs aveugles, de tireurs embusqués, nous ont mitraillés de billes de peinture (« Tu as sécurisé tout l’appartement ? Non ? Deux flics morts par ta faute ! Recommence ! »), ils nous ont fait tuer des otages par erreur (« Tu as sursauté à cause du bruit ? Pauvre chéri ! Recommence, bourricot ! »), nous ont refilé des radios aux piles déchargées (« T’as pas vérifié ton matériel ? Crétin ! »),  

[...]

La suite dans :

CHRONIQUES DE LA MAIN COURANTE, 
de Serge REYNAUD, Bourin Éditeur, 2009.

Par gabian - Recommander - Voir les 9 commentaires - Ecrire un commentaire
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés