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Action

Vendredi 9 mars 5 09 /03 /Mars 05:52
- Publié dans : Action

 

Six heures du mat', pas un frisson, l'officier de la PJ frappe à la porte, le type lui ouvre rapidement.

 

- Monsieur V… ? Police Nationale, perquisition de votre domicile, veuillez nous laisser entrer.

 

La vision de nous cinq, casqués, caparaçonnés et main sur la crosse derrière l'officier en civil si poli, fait son trajet de l'iris au cerveau.

 

- Euh, oui, vous allez entrer…

 

L'officier entre, poussant l'effet de surprise, un pied dans le couloir de l'appartement. Mais monsieur V… a franchi une étape dans son processus d’éveil :

 

- Vous n'entrez pas comme ça chez moi ! Et puis d'abord, vous avez un mandat ?

 

L'enquêteur glisse sa main dans sa poche de veston, en sort un feuillet plié en trois, et le lui remet. Ce coup-ci, ce sont les casqués qui ont un temps de retard. Un mandat de perquisition ?

 

On la refait doucement : le perquisitionné est rassuré d’avoir un mandat en main, et nous, les flics, sommes effarés pour la même raison. On va comprendre, à un moment, c’est obligé.

 

Le type avec son papier plié dans la main, suit l'Officier de Police Judiciaire et son adjoint, qui commencent la perquisition sans perdre une seconde. Nous, les casqués, sécurisons l'appartement, bloquons la porte de sortie, et l'homme désigné par le brigadier s'attache aux basques du perquisitionné si attaché à ses droits fondamentaux. Il n'empêche, l’officier lui a donné son mandat de perquisition, comme ça, juste parce que le type le lui a demandé ?

 

Durant tout le processus, il garde à la main son document, qu'il ne lit même pas tellement il est accaparé par les questions de l'officier, qui découvre sous son matelas, dans des tiroirs, collés sous des étagères des carnets de notes, des relevés de comptes, des téléphones portables en pagaille et qui acte, acte1, acte à mesure.

 

A sept heures et demie, c'est plié. On embarque le cher monsieur V…, ses livres occultes et l'objet de ses recels divers hors ses murs, et l'officier reprend des mains de l’interpellé le mandat, que ce dernier n'a toujours pas ouvert, d'ailleurs.

 

Entre le moment de la perquise et celui de l'interrogatoire existe une fenêtre, un moment de calme pendant lequel les questions sont possibles. Nous n'en avons qu'une, mais gratinée.

 

- Ah, le mandat de perquisition ? Ça fait vingt ans qu'on m'en demande un à chaque perquise. Et depuis vingt ans, j'explique que ça n'existe pas, qu’en France ça n'a jamais existé à part dans les séries américaines. Et personne ne me croit jamais.

 

Alors depuis l'année dernière, chaque fois qu'on m'en demande un, je le donne. C'est un vrai, attention ! Un mandat américain délivré par un juge New-yorkais, vieux de dix ans, à propos d’une affaire dont j’ai même pas idée, je parle pas anglais. Il a demandé un mandat ? Ben voilà, il en a un, il est content. Et si jamais il le lit, je lui explique. Jusqu’à aujourd'hui, je me suis épargné une explication sur deux, c'est toujours ça de pris.

 

     

En France, la règle impose qu’on dise au Juge : Monsieur le Président. Celui qui ne s'est jamais fait appeler "Votre Honneur", comme dans une série américaine, lui jettera la première pierre.

 

1 Acter : rédiger un PV, c’est-à-dire rendre ses notes officielles et en faire un acte de justice.

 

 

PS : Le titre de la chronique est une réplique très courante dans les tribunaux. Les tribunaux américains.

 

 

Cette histoire figure en page 91 de "Bonne nouvelle, c'est la Police !",

Serge REYNAUD, François Bourin Editeur, 2011.



 

Par Serge REYNAUD - 2 blâmes et féloches - Je commente
Jeudi 15 septembre 4 15 /09 /Sep 05:00
- Publié dans : Action

Un jeune auteur qui monte, Guillaume BAILLY, a lancé sur son blog une invitation stupide, ayant donc toutes les chances de me séduire. Les blogueurs l'acceptant devaient écrire pour le 15 septembre une anecdote s'étant déroulée durant leur service militaire. Ah j'avais prévenu, c'est stupide.

J'ai accepté de me prêter au jeu, et tant qu'à faire l'histoire s'intègrera dans le manuscrit du N° 3 en préparation (faut pas gâcher). L'anecdote a été écrite un peu dans l'urgence vu mon rythme habituel (deux soirées frénétiques par histoire puis six mois angoissés de corrections pinailleuses), mais c'était le jeu, voilà le résultat :

 

 

UN CHIEN DE MA CHIENNE

 

La vieille s'est perdue pendant sa balade journalière, la maison de retraite a appelé, mes supérieurs ont appelé le chien de piste, ça ne devrait plus tarder maintenant.

Je comprends, intellectuellement parlant, ce qui se passe. J'ai beau n'avoir que dix-huit ans tout juste, n'être qu'un gamin à peine sorti de son lycée pour devancer l'appel et me débarrasser de mon service militaire obligatoire, je ne suis pas complètement neuneu.  C'est juste que, comment dire : c'est quoi une vieille, pourquoi ça se perd tout le temps ? Qu'est ce qu'on fait exactement dans une maison de retraite ? Ca peut mordre, un chien de recherche ? Comment on trouve quelqu'un en pleine nuit ? On a le droit d'utiliser les torches, ou ça distrait le chien ? Et si on retrouve la vieille dame morte, qu'est ce qu'on fait ? Et si elle est vivante et en détresse, on n'aura pas de médecin avec nous alors pourquoi, comment, à quelle heure, mais qu'est ce que, hein ?

Finalement, le conducteur cynophile et son berger allemand se pointent. Je suis désigné, moi  jeune gendarme auxiliaire, pour les accompagner, et je suis réellement enchanté de ce coup de bol. Il est 23 heures, je vais chercher dans la nuit une grand-mère qui a un besoin vital des secours. Elle a peur, elle a froid, elle est perdue. Je suis les secours. Je suis un héros.

Une heure plus tard, dix mètres derrière le chien et sa longe, nous progressons toujours sur les hauteurs, à la lumière terne d'un clair de lune faiblard, au milieu d'une végétation rase aux contours mal définis. Le chien, lui, tire, concentré, excité dirais-je, s'arrête, hume le vent, les bords du chemin, hésite, repart.  Son patron lui susurre des "cherche, cherche", le laisse reprendre sa quête, et j'admire.

J'admire le couple homme-chien, unis dans leur volonté de servir, le travail bien fait, couple fusionnel le temps de mener la mission à son terme, l'homme maintenant la bête en état de jeu, de motivation, le chien travaillant, oubliant sa fatigue, comme galvanisé par l'enjeu. Et pour la première fois, mon supérieur m'adresse la parole. Il murmure, laissant le chien à sa traque.

- Tu vois, jeune, si ça se trouve, on va la trouver, la vieille. Mais si ça se trouve, on est passés à côté il y a une demi-heure, et cet enfoiré de clébard n'a rien senti.

Il se fait comme un grand blanc dans ma boîte crânienne. Ah oui ? Mission sacrée, couple fusionnel, Lassie chien fidèle, tout ça ?

- Parce que les chiens, tu comprends, ils passent beaucoup de temps au chenil, enfermés dans leur box. Alors quand on les fait sortir, ils adorent s'entraîner, jouer, courir, pisser partout. Là, je suis sûr qu'il sait qu'on n'est pas en entraînement. Il est intelligent, le bestiau, je le connais bien, ça fait trois ans qu'on bosse ensemble. Il sait qu'on travaille, qu'on ne joue pas. Mais il sait aussi que le pistage s'arrête uniquement quand il a trouvé la cible. Alors si ça se trouve, il a senti que dalle, mais il a décidé qu'il n'avait pas envie de rentrer dans son box, il me gruge depuis une plombe et ce salopard se promène. Et je ne peux pas le savoir.

- Mais chef, votre chien, là, il tire sur la corde, il renifle partout, on dirait bien que…

- Oui, c'est pour ça. On dirait bien que. Avec lui, on ne peut jamais savoir. D'habitude, il obéit, c'est moi le patron, je donne les ordres. Attaque, va chercher, garde, rapporte, ça, il comprend. Il obéit et ça lui plaît d'obéir, de faire plaisir au patron, de jouer. Mais quand il piste, il n'y a plus d'ordre. Lui, il a vite compris, dès la fin du dressage, en fait : il retourne au chenil quand on a trouvé, et la phase suivante peut durer longtemps, celle qui consiste à  rester dans son box en attendant le patron. Ce qui fait que si on n'a pas trouvé, on reste dehors, on marche, on lève la truffe, tiens, regarde-le : on se retourne vers le maîmaître, on lui fait le regard tendre du bon gros chienchien qui travaille bien qui mérite ses croquettes et ses friandises et les bonnes grosses caresses, et on repart en reniflant partout. Mais si ça se trouve il renifle que dalle, la vieille il n'en a rien à secouer, la piste il l'a perdue d'entrée mais il se fait une super balade avec le maître à képi au bout de la laisse qui ne peut pas rentrer, puisqu'il n'a pas encore trouvé. Et je ne peux pas le savoir.

Ah ben non, pas les bergers allemands ! Pas les chiens, quand même ! Les border colleys gardiens de troupeaux, Rin-Tin-Tin, Mabrouk, les 101 Dalmatiens, Milou ! Les chiens, les bons chiens droits, fidèles, travailleurs, pas les chiens, bon sang !

Cinq heures. Cinq heures de chemins, de collines, de racines qui s'accrochent aux rangers entre deux glissades sur rocaille, cinq heures de "cherche, cherche", de comptes rendus radio, cinq heures avant que le chien se retourne et, soufflant essoufflé sur sa langue pendante, pose son cul par terre et torde son torse vers son maître.

- Piste perdue, m'annonce ce dernier.

J'en éprouve un certain soulagement, mes ampoules aux pieds dans mes rangers neuves me faisant souffrir depuis un trop long moment. J'ai les jambes en béton, ma gourde est vide mais comme m'avait dit l'ancien, on ne s'arrête pas, c'est le chien qui commande. Il tire ? On suit. Il s'arrête ? Fini.

Je le rêve, ou le clébard a les babines qui remontent ? Il serait pas en train de se foutre de moi ?  Non, pas possible. Je lui prête des intentions, des sentiments, je l'humanise. Non, c'est impossible. Pourtant, on dirait bien que… Je me tourne vers le maître, qui regarde amusé son compagnon dans la nuit  se diluant d'aube et, après que la radio nous annonce que Mamie a été retrouvée évanouie à pas cent mètres du départ de notre traque :

- Oui, je sais, jeune. Mais on ne saura jamais, en fait. Bon chien, c'est un bon chien ça, wouf le chien, oh le bon chien que si ça se trouve tu nous as baladés toute la nuit pour rien espèce d'enfoiré, c'est un bon chien ça, allez, croquette, une croquette pour le bon chien, allez hop le chien, on rentre.

Ca fait trente ans, cette histoire. J'adore les chats.

 

 

 

Par Serge REYNAUD - 9 blâmes et féloches - Je commente
Vendredi 15 avril 5 15 /04 /Avr 04:22
- Publié dans : Action
 
 Aux visiteurs de passage :


Ce qui suit est la 2ème partie d'un texte commencé ICI. 

OoO°OoO

 

- Et en plus il veut le vendre, vous entendez ? Il veut vendre ça ! Pendant que la dame sauve la vie du vieux monsieur, tu vas pas l'aider ? Et tu la filmes pour de l'argent ? Tu vas montrer son cul à un journal pour de l'argent ? Mais tu es pas un homme, tu devrais avoir la honte de toi ! Mais si un de mes fils me fait ça, c'est le déshonneur ! dit-il en reprenant sa série de baffes.

Le brigadier ouvrit les bras, retenant l'équipe. Il sortit de sa poche son portable, le tendit à sa collègue.

- Joa, mon petit, tu filmes.

Et le brigadier parla, parla, et les larmes de Joanna coulèrente encore, changeant de nature à mesure.

- Comme on nous le serine à l’entraînement, les enfants : ne jamais se précipiter, toujours déterminer qui est l’agresseur et qui est l’agressé. Vous voyez, là, il semble bien que l’agressé soit le monsieur en chemise rose, celui qui saigne du nez. C’est ennuyeux ce bruit de torgnoles parce que je ne comprends pas tout ce qu’il dit…

Vous dîtes ? Au… Au secours ? Il a dit 'Au secours'. Alors ça mes enfants, ça veut dire que c’est sans doute lui la victime. Il faut donc l’aider, c'est notre devoir. Joanna, mon petit, arrête de rire, je t’explique le boulot, là !

Bon, monsieur, vous arrêtez de le gifler, s’il vous plaît ? Vous ne voulez pas ? C’est ennuyeux, ça va nous obliger à intervenir.

Je pense d’ailleurs qu’on agirait beaucoup plus vite si on touchait un petit quelque chose pour nos interventions, non ? Il faudrait les filmer par exemple, comme ça on revendrait les images, ça nous ferait un max de blé cette affaire…

Voilà, c’est mieux monsieur, vous êtes fatigué de le gifler, ça tombe très bien, ça rejoint nos préoccupations. Lâchez-le, s'il vous plaît.

Bien, maintenant vous allez nous suivre parce que c’est pas beau de taper les gens, ah non, pas beau, caca, faut pas faire, voilà, n'ayons pas peur des mots, c'est dit, c'est caca.

Joa, reste concentrée je te prie, tu nages peut-être comme un requin mais tu as un rire d'otarie. Je ne te l'ai jamais dit mais voilà, tu as un rire d'otarie, c'est affreux.

Quant à vous, vous pourriez sourire à ma collègue qui vous filme ? C'est pour nos archives, merci. Et vous n'allez pas déposer plainte contre monsieur, n’est ce pas ? Non, parce que comme vous l'avez traité de sale Arabe, n'est ce pas…

Ah non, ne niez pas, j'ai tout entendu ! En tout cas j'en suis presque sûr. C'est dommage que ma collègue ne l'ait pas filmé, vous savez ce que c'est, le témoignage humain, par rapport à une bonne photo, une photo de gros nibards mouillés, par exemple, bien vraie, bien vendeuse, si révélatrice de l'âme humaine…

Joa, si tu pouvais arrêter de pouffer comme une gourde, ça nuit à la solennité du propos et en plus tu oublies de cadrer !

Alors vous récupérez votre caméra, oui, je sais, vos trois morceaux de caméra mais rassurez-vous, j’ai vérifié, la carte mémoire a été broyée, comme ça l’intérieur n’est pas pollué par une quelconque saloperie, et puis vous partez.

Bon, je disais, vous récupérez votre caméra. Voilà, c'est bien. Ensuite vous vous cassez. Vite. J'ai assez ri, vautour. Cours.

Vous, le méchant monsieur qui gifle les gens, mon dieu que c'est pas beau, caca, vilain et tout, vous nous suivez à l’intérieur du véhicule, et là je ne plaisante plus.

Ne recommencez plus jamais ça, jamais, vous m'entendez ? C'est trop dangereux, pour vous comme pour nous. Je ne peux pas vous dire que vous avez bien fait de le torgnoler, non, je ne peux pas vous le dire. D'ailleurs, je ne vous le dis pas.

Cela dit, la semaine prochaine a lieu la fête annuelle de l’amicale de notre unité, vous y serez mon invité personnel.

Mais faItes en sorte d'avoir divorcé d'ici là, parce que je crois bien que Joanna va vous demander en mariage.

Et toi, arrête de rire comme une truie enrhumée, un peu de dignité, je suis ton supérieur tout de même !

 

 

 

Ce texte figure en page 77 des  Chroniques dela main courante,
Serge REYNAUD, Bourin Éditeur

Par Serge REYNAUD - 6 blâmes et féloches - Je commente
Mardi 5 avril 2 05 /04 /Avr 04:01
- Publié dans : Action

L'été, elle est nageur sauveteur. Ça expliquait en partie qu'elle ait plongé pour sauver Papy mais enfin tout de même, juste en retirant ses pompes et son ceinturon, ça faisait un peu court question mobilité subaquatique ! Son uniforme devait être bien lourd dans cette eau fangeuse d'où elle sortait le pauvre vieux tombé du quai, juste devant le reste de l'équipe. Ils l'aidèrent à l'extraire de l'eau, pauvre paquet blanchâtre, déjà cadavre sans doute.

Joanna, une fois près de lui, lui ouvrit la chemise en force, faisant voler deux trois boutons. Elle pencha son oreille contre la bouche du vieux tout en maintenant un index sur sa carotide. "Vos gueules, tous !... Le pouls est là, plus de respiration, annoncez !"

Annoncer, oui, certes, annoncer. Annoncer ? Ah oui, merde, annoncer ce qu'elle vient de dire à la radio pour retransmettre aux pompiers !

Les quais étaient presque déserts à cette heure, seuls deux témoins restaient en retrait sur un talus proche. Il était une heure du matin, papy avait vraiment eu du bol qu'une Joanna fasse partie de l'équipage.

Papy mouillé toussa à la troisième insufflation, et inhala de façon désordonnée un oxygène encore peu utile, mais ses quintes douloureuses le débarrassèrent peu à peu de l' eau dans ses poumons. Il se tourna sur le côté, et Joanna l'aida, lui parla. Il cracha, haleta, vomit un peu même. Il revécut.

Les flicards prirent le relais de leur collègue dégoulinante, lui dirent d'aller se sécher, qu'elle allait attraper la mort. Orgueilleux mais glacés, deux seins ronds pointaient sous la chemise, clairement dessinés sous la lumière crue de l'éclairage public, tandis que son cul ferme de nageuse se haussait sous le pantalon dégoulinant.

Naïade de la nuit, la jolie Joanna, trempée, se dirigea vers le fourgon, un peu sonnée par sa décision immédiate suivie de son intervention à toute force, qu'il lui fallait maintenant digérer en plus du froid qui la figeait presque.

Le chauffeur sortit du véhicule, sa propre veste à la main, et l'en couvrit.

 - Ça va, ma Joa ? Tu tiens le choc ? T'inquiète, on entend les pompiers, ils arrivent, ils vont te filer une couverture, assieds-toi, t'es un héros ma belle !

Pendant le transfert des renseignements entre flics et pompiers, un remue-ménage étrange, accompagné de hurlements, prit forme sur le talus. Tous s'approchèrent, Joanna de même, claquant des dents dans sa couverture de survie.

Le plus grand des deux témoins, un Nord-Africain, la cinquantaine, envoyait une rafale de gifles au plus petit, trentenaire dégarni en chemise rose. Mais alors de belles, de bruyantes gifles, qu'il accompagnait d'une logorrhée en arabe que nul ne pouvait décrypter.

Les gars étaient presque sur eux mais l'Arabe n'en démordait pas, il voulait finir ce qu'il avait commencé. Et il parlait en français maintenant.

- Laissez-le-moi ! Je l'ai vu, il n'a rien filmé quand la policière a sorti le vieux monsieur de l'eau, rien du tout, il s'en foutait ! C'est quand il a vu qu'elle se relevait avec les seins tout mouillés qu'il a sorti la caméra !

Le giflé tenta de répondre, ses coudes devant les joues :

- Oui, et alors, qu'est ce que ça peut vous foutre ? Filmer des agents publics, j'ai le droit, je me suis renseigné, ils n'ont rien à dire !  Et si je floute le visage, j'ai même le droit de le diffuser, c'est la loi, c'est comme ça !

 

[...]

 

Deuxième partie, le 15 avril 2011

Par Serge REYNAUD - 3 blâmes et féloches - Je commente
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