1 - NOIR SUR LA VILLE :
J'ai gagné un concours de
nouvelles, et serai édité dans un recueil réunissant jeunes auteurs et écrivains confirmés. Je serai donc à Noir sur la Ville 2009, à Lamballe, Côtes
d'Armor, les 14 et
15 novembre, pour y signer ledit opus et mes "Chroniques".
Compétence : Faculté nécessaire à l'accomplissement d'une quelconque ambition, aussi petite soit-elle, distinguant les hommes capables de ceux qui sont morts.
Ambrose Bierce, Dictionnaire du diable, 1911
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Rude dégringolade. Nous sortons tous deux d’un entraînement intensif de deux semaines, et au lieu de mettre nos nouvelles compétences en pratique nous voilà désignés pingouins au festival de Cannes.
Des jours entiers à courir dans les allées bétonnées du centre d’instruction, à faire et refaire les progressions en zone dangereuse, à éviter les pièges de la guérilla urbaine, à interpeller du fou furieux en binôme, à s’éclater les pouces sur ce foutu tonfa, à menotter de plus en plus vite, à tirer des dizaines de cartouches au stand dans toutes les positions, avec le moniteur qui te hurle dans le dos des consignes de plus en plus complexes et boum, première mission de retour à l’Unité : pingouins.
Pingouin c’est la Tenue N°1, sobre et noire sur la chemise blanche, plus fourragère, jolie casquette et chaussures cirées. La mission ? Promenades dans les couloirs du Palais ou haies d’honneur sur tapis rouge. De la figuration en jolie tenue noir et blanc, la tenue de pingouin.
On patrouille par paires, promenant notre uniforme impeccable au milieu du Palais avec distinction et rigueur, c’est tout ce qu’on nous demande. Nous deux évoquons encore les séances concoctées par nos instructeurs pendant ces quinze jours.
Instructeurs sportifs, passionnés, vicelards, rajoutant à mesure des difficultés sans nom pour leurs stagiaires, ils nous ont régalés de barricades piégées, de coins de murs aveugles, de tireurs embusqués, nous ont mitraillés de billes de peinture (« Tu as sécurisé tout l’appartement ? Non ? Deux flics morts par ta faute ! Recommence ! »), ils nous ont fait tuer des otages par erreur (« Tu as sursauté à cause du bruit ? Pauvre chéri ! Recommence, bourricot ! »), nous ont refilé des radios aux piles déchargées (« T’as pas vérifié ton matériel ? Crétin ! »),
[...]
La suite dans :
CHRONIQUES DE LA MAIN COURANTE,
de Serge REYNAUD, Bourin Éditeur, 2009.
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