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1
 - Au fait, les pingouins, ça vole ?


2 - Tu as fait un peu de boxe, et tu crois savoir sauter à la corde. Et puis tu tombes sur ce truc...

NO COMMENT


" À Dieu ne plaise que je veuille fermer les oreilles à la voix du nécessiteux. Je sais m'attendrir sur les malheurs des autres : mais, dans ce siècle de philanthropie, nous avons trop déclamé contre la fortune. Les pauvres, dans les États, sont infiniment plus dangereux que les riches, et souvent valent moins qu'eux. "

François-René de CHATEAUBRIAND, Essai historique sur les révolutions, 1797.
Dictonnaire de la bêtise et des erreurs de jugement, réédition 1991, Bechtel et Carrière, Bouquins.

 

 

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Mercredi 31 décembre 2008
- Publié dans : Divers et variés

 

Une jeune femme au pseudo étrange m'a envoyé il y a quelques mois une gentille anecdote, souvenir de ses jeunes années pas si lointaines.

Je lui ai proposé de l'améliorer elle-même, lui ai soumis des axes de travail, nous en avons discuté un moment et elle a finalement décidé de me donner son histoire initiale pour que j'en fasse un récit.

J'ai donc pris son histoire, l'ai tordue dans tous les sens, n'en ai conservé qu'un aperçu de la trame initiale, et ça donne la fiction qui suit. Que cette lectrice soit ici remerciée, je me suis bien amusé et en plus cette fois, fantasme comme un autre, je signe au féminin : Gabiane !

 

Et la tendresse, flûte !

Un copain m'a déposée au bout de la rue pour que je puisse récupérer ma voiture, et accessoirement mes heures de sommeil. Je suis debout depuis 6 heures du mat', j'ai huit heures de cours de bio et anat'-physio dans les jambes, plus une réunion apéro couplée à un karaoké infernal : il est vraiment tard, même pour une étudiante en pleine folle jeunesse.

Je savoure d'avance mon bain et mon lit chauds, mon chez-moi douillet à moi tout cosy, l'attente ferait presque partie du plaisir...

Crotte et double étron ! Une voiture s'est garée en double file, juste à côté de la mienne. Elle aurait pu être sympa, se mettre à cheval sur deux voitures mais non, elle bloque juste la mienne. Elle est fermée à clef, évidemment.

J'appelle donc le commissariat, et alors que le monsieur me demande gentiment ce qui se passe, j'éclate en sanglots. Sanglots que j'eusse préférés longs, violoneux et automnaux mais qui doivent plutôt sonner comme une corne de brume agonisante dans un marché aux poissons.

Je lui explique entre deux hoquets : ma voiture est bloquée, impossible de sortir de là, fatiguée, veux rentrer chez moi, y aurait-il un camion de la fourrière pour enlever cette putain de saloperie de bagnole de chiotte qui bloque la mienne ?

Et encore, là j'édulcore mais toute jeunette, alors que j'étais plutôt fluette, quand j'étais trop émue j'adoptais facilement un langage de charretier, fort inconvenant j'en conviens mais qui éloignait la boule dans la gorge et me posait, moi la timide éternelle, en petite terreur qu'a jamais peur. En l'occurrence, fatigue, émotion, contrariété : j'ai vraiment été très grossière.

Je ne sais pas ce que le type au téléphone a compris mais il est désolé, il n'a pas d'équipage disponible pour m'aider là, tout de suite, car ils ont autre chose à faire à cette heure et dans ce quartier. Pas de problème, je vais attendre dans ma voiture, de toute façon, il n'y a plus de métro, rien d'autre à faire qu'attendre.

Adorable malgré mon débordement verbal, le gars s'inquiète : " Vous êtes sûre que ça va aller, vous voulez que je reste un peu avec vous au téléphone ? "

- Non merci, c'est rien monsieur, je suis fatiguée, je pleure presque plus, je m'excuse pour mes gros mots, merci, je vais me griller une clope dans ma voiture et attendre. 

Deux cigarettes plus tard, mes deux dernières, des phares remontent la rue à contre sens. Ça ne peut être que les flics pour prendre la rue en sens interdit, en tout cas j'espère. Gagné.

- Mademoiselle ? C'est vous qui êtes en détresse à cause d'une méchante voiture en double file ? 

Ce pourrait être moqueur mais pas du tout, juste un peu paternaliste peut-être, et je ne le savais pas mais j'en avais besoin.

Ils font le tour de la voiture, passent un appel radio plein de sigles abstrus et de codes abscons, et décident que ce n'est pas grave malgré les portes fermées à clé.

Ils optent pour un déplacement de la voiture à la force des bras et s'y mettent de suite, avec une efficacité déconcertante. Peut-être que mon marcel blanc un peu trop ample sur ma petite et ferme poitrine a aidé au truc mais je ne vais pas me plaindre, ils me sauvent ma nuit, ces gars ! Youpi ! Bain chaud ! Dormir !

- Allez-y mademoiselle, en manoeuvrant un peu vous pourrez partir.

Je les quitte en leur demandant bien de remercier le gars du standard pour sa sollicitude. J'abuse encore de leur gentillesse et leur demande si l'un d'eux aurait une blonde.

- Je préfère les brunes, me dit le plus mignon du lot, en me tendant une blonde.

Alors oui, voilà, certes, mignon mais bon. Crevée, et draps, et dormir, et timide.

J'allume ma clope, monte dans ma voiture enfin libérée, entame une marche arrière et dans ce bel élan souple qui devrait m'emmener vers mon mol oreiller, je percute la voiture garée derrière la mienne.

Ils explosent de rire. Je suis une gourde.

- On n'a rien vu rien entendu rien compris, allez-y !  

J'embraye la première et bien sûr, tandis que le mignon qui préfère les brunes penche la tête sur son épaule, je percute la voiture devant. Ils applaudissent.

Je suis une conne de gourdasse en marcel, et en plus j'ai un bonnet A, fait chier !

J'ai fini par quitter mon créneau, assurée qu'ils allaient se moquer de moi le reste de la semaine mais heureuse quand même de la rencontre. Finalement, pour une première approche, des flics, ça peut être super sympa.

Surtout celui qui préférait les brunes, avec sa fossette au menton et avec qui il ne s'est absolument rien passé les semaines suivantes car je ne lui ai surtout pas écrit mon numéro sur la main deux mètres après avoir quitté mon créneau, fatiguée et timide et faible jeune fille que j'étais, mais enfin pour qui me prenez-vous, putain de bordel de merde ?!

 

Par Gabiane - Recommander - Voir les 9 commentaires - Ecrire un commentaire
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