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ZOOMS


1
 - Au fait, les pingouins, ça vole ?


2 - Tu as fait un peu de boxe, et tu crois savoir sauter à la corde. Et puis tu tombes sur ce truc...

NO COMMENT


" À Dieu ne plaise que je veuille fermer les oreilles à la voix du nécessiteux. Je sais m'attendrir sur les malheurs des autres : mais, dans ce siècle de philanthropie, nous avons trop déclamé contre la fortune. Les pauvres, dans les États, sont infiniment plus dangereux que les riches, et souvent valent moins qu'eux. "

François-René de CHATEAUBRIAND, Essai historique sur les révolutions, 1797.
Dictonnaire de la bêtise et des erreurs de jugement, réédition 1991, Bechtel et Carrière, Bouquins.

 

 

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Samedi 20 décembre 2008
- Publié dans : Mélancolie

 

Le concours lancé par LE CPE était ainsi rédigé :

" Le principe est de poster samedi 20 décembre un article portant sur un moment professionnel (quel qu'il soit et quoi que l'on soit) qui a été magique et qui nous a amené à être heureux de faire ce que nous faisons aujourd'hui. "

Ils m'ennuient, tous ces gens avec leurs concours d'écriture !

Bon, c'est Noël, je vais être gentil pour cette fois mais que je ne vous y reprenne plus ! Allez, circulez !

 

UN TOUT PETIT MOT

 

 

- Oh Hugo, tu pleures ? Ça te fait toujours ça quand le Ministère de l'Intérieur t'écrit ?

Ça ira ? Tu es sûr que tu pourras prendre la moto ? Si tu veux on prend le break, aujourd'hui on n'est pas vraiment obligé de sortir les bécanes, on peut très bien…

- Oh non, ça va ! Putain comme ça va, tu peux même pas imaginer ! Ça va du feu de dieu, ça va à bécane évidemment, en route les jeunes !

 

oO-Oo

 

Monsieur, je dois vous dire aujourd'hui une petite histoire, la mienne.

Un vingt décembre au matin, il y a vingt quatre ans de cela, motard de la Police Nationale, vous avez forcé à s'arrêter sur une route d'Ile de France un conducteur qui roulait en zigzag et en klaxonnant au milieu d'un bouchon, ajoutant du désordre au chaos déjà existant.

Maman m'a dit qu'elle portait ce jour-là une ample robe noire et blanche, mais que ça ne l'avantageait pas vraiment : elle avait selon ses propres termes l'aspect d'une vache en gésine, et le plus délicat des surnoms que leur bande de copains lui avait trouvé était Willette. C'était en référence à " Il faut sauver Willy ", un film qui racontait les aventures d'une orque mâle. Ils la comparaient donc à une orque femelle, c'est vous dire si son énorme ventre faisait au premier abord toute sa personnalité.

Vous avez donc vu que papa au volant était complètement surexcité, que maman vautrée sur le siège passager soufflait ses respirations de parturiente de plus en plus vite, et que le bouchon devant eux ne leur permettrait pas d'arriver à la clinique en temps et heure.

Ce que m'a dit papa, c'est que vous avez regardé maman, que vous avez fermé les yeux, puis réfléchi trois secondes et dit " Et merde ". Puis vous avez fait un geste du bras leur intimant de vous suivre en courant vers votre moto.

Ce " Et merde " que vous avez posé comme un constat tranquille, ce sont les seuls mots de vous qu'a jamais entendus maman.

Mon père a raconté cinq cents fois cette aventure : il cite même parfois le numéro minéralogique de la moto ! Le fameux policier en tenue impeccable avec parements rouges, portant cravate et chemise blanche, souvent debout sur ses cale-pieds, sifflant des trilles impératives au milieu des files de voitures qui s'écartaient devant lui pour leur creuser un passage : tout ça pour faire vêler une orque, sa femme. Papa est taquin, parfois.

Ils sont deux, maman et papa, à m'assurer qu'ils ont vécu ce jour-là un moment d'adrénaline pure au milieu du trafic, un moment incroyable dans la lumière des gyrophares bleus et du bruit de la sirène de votre énorme moto. Maman est presque sûre qu'elle en a arrêté un moment d'accoucher !

Sur six kilomètres de bouchon vous les avez menés, en regardant de temps en temps derrière vous pour être sûr qu'ils suivaient bien. Ils m'ont même assuré qu'à un moment vous avez donné un coup de botte sur la portière d'une voiture qui ne s'écartait pas assez vite, mais je les soupçonne d'enjoliver l'histoire au fur et à mesure qu'ils la racontent…

Vous avez perdu dix secondes dans la cour de l'hôpital pour vous assurer que maman était bien prise en compte par les infirmiers. Vous avez ensuite précisé à papa que vous ne pouviez rester avec eux car vous aviez rendez-vous pour une cérémonie officielle très importante, ce qui expliquait d'ailleurs votre uniforme de parade.

[...]

La suite dans :

CHRONIQUES DE LA MAIN COURANTE, 
de Serge REYNAUD, Bourin Éditeur, 2009.

 

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