" Jugez, Messieurs, de
l'étonnement, de la douleur de l'honorable témoin que voilà quand, rentrant de l'atelier, il trouve sa femme au lit, la tête fendue et la porte défoncée.
"
La Liberté, 18 octobre 1908.
Tiré de l'indispensable Dictionnaire de la bêtise et des erreurs de jugement, réédition 1991, G. Bechtel et J-C. Carrière (Bouquins)
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Je suis flic.
Je n’ai pas honte de mon métier, j’ai même la chance d’aimer ce que je fais.
Dans ce boulot, tous les jours, il se passe vraiment quelque chose. On assiste des blessés, on accueille des plaignants, des victimes, on interpelle des voyous, on a des vrais fous rires, des moments difficiles, on risque parfois sa vie… On dit souvent : on devrait en faire un bouquin, de tout ce qui nous arrive, ça
aurait du succès.
Et bien non. Nos histoires n’intéresseraient personne. Si je vous raconte, comme ça, sans prévenir, une bonne affaire policière, c’est à juste titre que vous me prendrez pour un vieux con : « On s’en fout, de ta vie, papy ! Ca fait du bien à mes ancêtres mâles de se vider de leur guerre d’Algérie aux réunions de famille, je ne vais pas en plus me taper tes exploits ! »
Il y manquerait un regard, une patte, une morale, ou une belle chute, ou un état d’esprit, un quelque chose de plus que l’anecdote, bref, un style.
Je recherche des anecdotes, des écrits en relation avec le boulot de flic. Ca restreint, mais en réalité il y a de sacrées marges de manœuvre : les auteurs peuvent être gendarmes, policiers municipaux ou flics, de tout grade, ça fait du monde ! Sans compter nos amis douaniers, et tout citoyen qui a une belle histoire en rapport à raconter : ça élargit méchamment le spectre.
« Oui, mais je ne suis pas flic »
Et alors, je viens de le dire : suis, un peu ! Tout citoyen qui écrit en respectant la règle énoncée peut le faire, lance-toi ! Une anecdote – pas trop longue, si possible vraie, impliquant un rapport à l’autorité institutionnelle : c’est la contrainte, la seule (et sans dépasser le feuillet, c’est encore mieux).
« Oui, mais moi mon histoire n’est pas au bénéfice des flics… »
Et alors ? Elle est bien écrite ? Je prends !
On est environ 130 000 policiers en France, pas forcément tous des lumières, des saints laïcs, des génies de l’intervention. Donc recevoir un texte mettant en scène un flic qui se rate ne me surprendrait pas : je vis dans la vraie vie, moi aussi. Et mon blog ne se veut pas un recueil de "belles histoires" mais de bonnes histoires, ce qui n’a rien à voir.
« Mon histoire n’est pas morale, ni exemplaire, ni amusante »
Je m’en fiche : là n’est pas le but. Elle respecte la contrainte initiale ? Elle est bien écrite ? Il y a une ambiance, une patte ? Elle m’intéresse, je prends. Ca peut être triste, drôle, mélancolique, laisser à penser, prêter aux sarcasmes, je prends. On peut m’envoyer ce qu’on veut, je suis même prêt à corriger les fautes d’orthographe !
« Qui va trier les histoires ? »
Moi. En toute partialité. Un truc incompréhensible, une lettre d’insultes, une digression politique, je vire. Je crée ce blog pour m’amuser, je ne vais pas me rajouter du boulot à répondre aux benêts. Par contre, je laisserai passer tout texte qui se tient.
Voilà, c’est fait c’est dit, je me lance.
A vous de jouer.
PS : Il ne me manque plus que de comprendre comment marche un blog, alors je sollicite votre indulgence pour mes débuts...
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