LE PETIT DERNIER

 

Bonne nouvelle COUV PREMIERE 

On en a parlé en bien, ici :

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action suspense      klibre

 

On trouve mes livres de préférence chez son libraire, mais aussi :

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SE FAIRE UNE IDEE DU BLOG

Sois pas triste, monsieur

Je sais des lettres !

L'albatros

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Vendredi 12 août 2011 5 12 /08 /Août /2011 05:28
- Publié dans : Divers et variés

 

Pierre Desproges, amateur de bonne chère et de vins somptueux, a évoqué ce plaisir abject qu'il éprouvait parfois à déguster un pâté rosâtre et grumeleux sur une fadasse baguette molle, qu'il faisait passer avec un rouge acide et râpeux directement bu au goulot de sa bouteille plastique, pour se caler ce gargouillant faux appétit casse-couilles des mitans d'insomnie brise-nuits. Au passage, si tu n'aimes pas Desproges, sors d'ici, va faire un tour sur le site de TF1, et restes-y. Où en étais-je ?  Ah oui. Desproges.  Les vrais plaisirs infâmes et pourtant délicieusement assumés.

Il parlait aussi, s'il m'en souvient, de ce plaisir du même ordre consistant, pour un Mozartien distingué, à vibrer, rarement mais vraiment, à la plus décérébrée des marches militaires. Or, j'aime écouter du Mozart quand j'écris. Rien que de banal pour un écrivaillon, je surfe sur le cliché éculé mais c'est ainsi, j'aime Mozart en ces moments où l'esprit doit se délier sans se disperser. Sans l'écouter vraiment car je travaille par ailleurs, Wolfgang est là qui  m'emplit, me charme et me soutient, lui dont les mélodies comme à peine ébauchées s'entêtent à force de perfection à outrepasser nonchalamment le génie depuis des siècles et quelques secondes encore. J'écouterais du Daft Punk ou du Françoise Hardy que je l'avouerais de même, il se trouve qu'en cette occurrence seul Mozart m'agrée. Bon.

Cela dit, les tambours de Top Secret,

 

 

ça m'éclate les mirettes, les esgourdes et les neurones. De temps à autre je m'y complais copieusement, suavement, atteignant une forme de plénitude comme décérébrée où seuls le plaisir du travail bien fait, la cohésion rigoureuse, la maîtrise absolue d'une technique l'emportent sur toute notion éduquée, policée du beau. Ca me passe aussi vite que ça me prend, mais quand ça me prend, c'est du lourd :

 

 

Voilà, vous savez tout. Je devrais avoir honte, et en fait non.

Je vous laisse, je dois absolument aller corriger mes derniers textes et en profiter - insigne plaisir égoïste, pour m'écouter assourdi le divin quartet pour piano KV 478.

Bon, d'accord, après avoir d'abord repassé, son à fond et sur grand écran, les vidéos des Suisses à plumets, à tambours, à bas blancs, et à la semaine prochaine.

 

Par Serge REYNAUD - 4 blâmes et féloches - Je commente
Lundi 1 août 2011 1 01 /08 /Août /2011 06:24
- Publié dans : FICTION

Ce petit inédit a quelques années (douze, quinze ?), c'est l'été, on se laisse aller, on vide les placards. Je n'ose vous souhaiter bonne lecture. C'est parti.

 

Il en était resté interdit, comme suspendu entre deux respirations, absolument dépassé par cette situation hors de propos, hors de sa vie, qui y avait pénétré par une effraction, un viol sans précédent. De toute son existence, jamais, en tout cas dans son souvenir (à moins qu'il ne l'ait effacé volontairement, créant un blanc sur un morceau de la pellicule du déroulement de ses vingt-neuf ans ?), jamais rien n'avait atteint en intensité ce qu'il ressentait maintenant.

Il lui fallait bien avouer que son enfance n'avait jamais porté le flanc à cette sorte d'émotions, toute faite de souvenirs de jeux innocents avec des amis choisis par sa mère ou, à défaut, sa nurse du moment. Cerceau, petit voilier, ballon rouge, le jardin du Luxembourg avait entendu ses cris de gamin pendant six ans, trois après-midis par semaine, rythmant son ingénuité de courses joyeuses entre les bancs bleus, faisant crisser les graviers propres éclairant le tour du bassin des canards surveillé par le grand monsieur en uniforme. Les souvenirs, à vrai dire, s'étaient lentement dissous (quelle tête pouvait donc bien avoir le gardien du square ? quel était le prénom de cette petite amie de ses cinq ans, si gentille et si brune ? où sa nurse achetait-elle la sucette brillante qu'elle lui donnait vers les trois heures, l'emmenait-elle avec elle, sucrerie extraite d'un paquet jamais aperçu ou achetée au jour le jour auprès d'un commerçant maintenant oublié ?), ne lui laissant qu'une sensation, une tiédeur acidulée en laquelle il se laissait volontiers flotter.

À six ans, tout avait changé. Sa mère avait tout fait pour que la fracture se déroule comme un petit changement sans conséquence, et son obstination de génitrice avait réussi là où quiconque aurait laissé la nature creuser puis effacer à demi son minuscule traumatisme : ainsi l'entrée au cours préparatoire s'était déroulée sans heurt, à peine un chagrin vite mouché les premiers jours, le temps de se rendre compte que mère l'attendait tous les jours, qu'elle ne l'avait pas abandonné, que la maison, le parc, la nurse, les jouets étaient restés à leur place et qu'il suffisait de patienter jusqu'après la sieste pour les revoir sans faute, repères jusque là immuables et devenus à ce titre nécessaires, ineffaçables.

Seule l'opération de l'appendicite, à neuf ans, l'avait véritablement secoué. Cette douleur diffuse, inconnue, son ventre devenant le siège du mal, cet inconnu jamais évoqué. Le docteur appuyant sur ses flancs, lui occasionnant des mouvements de bile, avait marqué son psychisme comme un sabre effile une joue lors d'un duel : ainsi donc la vie recelait des monstres tapis dans les ventres des petits garçons, monstres que les docteurs extrayaient en créant la douleur, nécessaire pour juguler les griffures des créatures. Les docteurs avaient, de ce jour, gardé pour lui comme un mystère de chamanes, d'initiés aux mystères des esprits, et à ce titre il avait refusé plus tard de faire médecine, pour préserver la confusion, agréable à sa sensibilité, entre homme de science et homme sorcier, maniant le scalpel et l'invocation aux mânes avec un bonheur égal. Il n'avait pas voulu savoir les dissections, les autopsies, le sang et les selles, se contentant pour l'avenir de ce souvenir : un ventre qui souffre soulagé par un moustachu portant sacoche à soufflets, sentant bon le vétiver, la connaissance et  le mystère.

L'adolescence et le début de son âge adulte s'étaient écoulés, tranquilles, à peine dérangés par l'arrivée de Juliane, fiancée et mariée très tôt à sa destinée, simple cheville unissant leurs familles. Juliane. Si simple, si brune, si apaisante, Juliane dont l'enfance de fille de colonel avait été si cosmopolite, si exposée au monde, n'avait gardé de cette période qu'un goût immodéré pour les poissons multicolores, qu'elle collectionnait dans des aquariums gigantesques. Les souvenirs de ses plongées, encore enfant, dans les eaux des océans que la carrière de son père lui avait permis de fréquenter, suffisaient à son bonheur simple et vrai. De fait, entretenus par la présence des xiphophores à rayures, des semblants de petits silures tout en éclairs argent, des minuscules poissons-barbiers, ses souvenirs à perpétuité entretenus la gardaient en un état de semi-enfance prolongée, état qui le préservait, lui, de ce qu'il appréhendait comme les errements de la nature féminine. De fait, le vendredi, rentrant de son étude, il s'arrêtait toujours sur les quais, lui achetant un ou deux hôtes pour ses aquariums, animal ou plante, qu'importait, mais un cadeau d'eau, une bricole qui maintenait leur couple en état jusqu'au vendredi à venir ; vendredi, jour du poisson.

Et aujourd'hui, ce simple mardi, déjà vécu mille fois et à vivre bien plus encore, à vingt- neuf ans, en ce midi si propice à la promenade, il restait interloqué, quasi rigidifié par l'inconvenance de la situation. Déjà prêt à sortir de l'étude, il avait mis son veston et s'apprêtait à tourner la poignée de la porte du bureau quand

 

Depuis mon "vendredi, jour du poisson" (j'ai pas pu m'empêcher), je ne m'amuse plus. Il me semble que la parodie peut s'arrêter là. L'on pourrait, avant d'en venir au sujet, parler des affres du chien de la maisonnée, des vapeurs de la bonne que la famille s'obstinait à ne pas appeler 'domestique', des souvenirs d'étudiante de Juliane, du dépucelage du héros, des grandes orgues le jour de leur mariage, de cette mouche qui s'était posée sur le blanc revers de la robe de Juliane, présage qu'il s'était refusé à interpréter, tout tremblant de cette tache noire ailée sur cette blanche promesse et repasse-moi le sel, c'est pour finir mes frites.

L'exercice était amusant, mais une page suffira à montrer une fois encore et sans aucune illusion quant à l'efficacité du procédé, qu'avec absolument rien on peut gruger le lecteur en lui laissant croire qu'il lit de la littérature qu'elle est belle qu'elle est culturelle, alors qu'il ne fait que suivre avec indolence des mots sans intérêt tracés sur des lignes boursouflées par un prétentieux petit escroc des lettres.

 

 

 

Par Serge REYNAUD - 4 blâmes et féloches - Je commente
Jeudi 14 juillet 2011 4 14 /07 /Juil /2011 18:09
- Publié dans : Divers et variés

 

Toby, un des conseillers du président, veut savoir comment ce dernier a battu un de ses concurrents politiques quelques années auparavant. C'est un running gag durant tout l'épisode, le président des USA (joué par Martin Sheen) ne s'en souvient pas, et élude le sujet.

 

 

C'est soirée électorale : va t-il être réélu ? En attendant les résultats du vote, il a promis de passer en coup de vent à un banquet. Il arrive. 

 

 

La jolie dame en vert est une animatrice de radio, une opposante forcenée citant la Bible à longueur d'émissions, symbole borné de la frange la plus extrémiste du pays. C'est parti.

 

 

 

 

 

Ah, l'ineffable vibration issue de la torgnole silencieuse, magistrale et argumentée dans son minois de punaise cul-serré, comme elle est suave, tiède à ma joue,  jouissive, c'est du Cyrano de Bergerac. 

 

Ces quatre minutes relèguent les dialoguistes de la télé française au rang mérité de ramassis de copistes analphabètes médiévaux albanais. Morts. 

 

 

La VF n'est pas honteuse mais petit bonus, le même extrait de la série West Wing, en VO :  

 

 

 

 

 

Au passage, joyeux 14 juillet. Freedom, Equality, Brotherhood et toute cette sorte de choses. 

 

 

Par Serge REYNAUD - 4 blâmes et féloches - Je commente
Lundi 4 juillet 2011 1 04 /07 /Juil /2011 05:01
- Publié dans : Bonne nouvelle, c'est la police !

 

C'est l'été, le blog s'en va lui aussi se reposer, pendant deux mois. Que veux-tu, un blog de fonctionnaire…

Donc aucune publication extraite de ma production, passée ou à venir, cet été. Quelques bricoles sur la page Facebook ou ici même, mais pas d'histoire flicarde. Un gros boulot littéraire m'attend auquel j'ai décidé de me consacrer, on en reparle à compter du 1er septembre. Pour la reprise d'activité du blog, ce jour-là j'évoquerai les chiffres de vente de mes livres dans un texte titré : VULGAIR€. Tu es prévenu.

En attendant, c'est l'été, brûlante saison fragile des lectures indolentes au hamac ombré. Tu pourras avantageusement te balancer en mon dernier livre, lequel t'accueillera par - comme c'est original - une préface. Je la reproduis ici en guise de publicité incitative à l'achat dudit opus.

Je te souhaite un bel été, et on se revoit bientôt. Préface :

 

Bonne nouvelle, c’est la police !

 

« La vraie vérité est toujours invraisemblable. »

Fedor Mikhaïlovitch Dostoïevski

 

Le livre que tu tiens en mains a ce titre pour trois raisons.

La première, de loin la plus valable à mes yeux, est que j’en avais envie.

En effet, lorsque mon premier livre est paru, nul ne m’a fait grief de l’avoir nommé Chroniques de la main courante, bien qu’aucune citation de notre fameux registre n’y apparût jamais. Le son m’en était agréable, son évocation informelle de commissariats pleins d’uniformes et de citoyens en demande suffisait à ma satisfaction de policier et d’auteur.

Puisque aucune chronique ne s’est glissée non plus dans ce nouvel opus, j’aurais pu l’intituler idem en y adjoignant simplement «Tome 2», et on n’en parlait plus. Mais non.

Dans celui que tu tiens, j’ai écrit une lettre virtuelle à une contrevenante maligne, je me suis mis dans la tête d’un officier gaffeur, d’une grand-mère agressée, d’une fliquette enragée, d’un collègue involontairement priapique… J’ai tellement modifié mes approches que mes potes de casquette m’ont conseillé – en toute confraternité, évidemment – de décrire les affres d’une paire de lacets sur une chaussure d’intervention, voire la haine d’un panneau routier pour les 4X4 urbains. J’y songerai, pour le tome 3.

Que voulais-je écrire, donner à lire dans ce tome 2 ? Je crois bien, lecteur certes mais aussi citoyen au service duquel je suis depuis… depuis longtemps, que je voulais te dire plus les flics. Je voulais te rappeler nos préférences culinaires dissemblables, nos orientations politiques ou sexuelles variées, notre communauté de travail sous cet uniforme qui porte bien son nom. Mais surtout te dire la chance d’avoir, pour la plupart, un point commun en dehors de la tenue bleue : la vocation.

Nous aimons ce que nous faisons. Nous sommes dans le monde, connaissons sa complexité et revenons toujours aux bases simples de notre engagement : aider les bons, arrêter les méchants.

C’est pourquoi l’arrivée de la police quelque part, c’est une bonne nouvelle. Ceux qui nous ont appelés se sentent mieux, les autres commencent à flipper. Oui, n’en déplaise aux malgracieux, la bonne nouvelle pour la résolution des problèmes, c’est l’arrivée de la police. C’est la deuxième raison, pour mon titre.

Lecteur, citoyen, je t’offre soixante-six histoires à chute, centrées sur les flicards, basées sur un recueil de faits vrais, et écrites comme des nouvelles. Des nouvelles : c’est la troisième raison.

Je n’ai surtout pas voulu te raconter ma vie, la tienne te suffit, mais par contre, oui, j’ai voulu écrire un livre. Alors, on y va :

Bonne nouvelle, c’est la police !

 

   

Par Serge REYNAUD - 6 blâmes et féloches - Je commente
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