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ZOOMS

1 - NOIR SUR LA VILLE  :

J'ai gagné un concours de nouvelles, et serai édité dans un recueil réunissant jeunes auteurs et écrivains confirmés. Je serai donc à
Noir sur la Ville 2009, à Lamballe, Côtes d'Armor
, les 14 et 15 novembre, pour y signer ledit opus et mes "Chroniques".

 
Pour la 13° édition, les auteurs invités ont dû relever un défi : créer une couverture de polar à partir d'une photo imposée et le chiffre 13. Et un jeu de mots bien pourri, un !

2 - Un nouvel article, sur Le Post.fr


3
- Les ébénistes, c'est pas des branleurs.

Chroniques de mes Chroniques



 







 




 



 

              
    
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Compétence : Faculté nécessaire à l'accomplissement d'une quelconque ambition, aussi petite soit-elle, distinguant les hommes capables de ceux qui sont morts.

Ambrose Bierce, Dictionnaire du diable, 1911

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Mercredi 4 novembre 2009
- Publié dans : Action

Toute l'année, il nous raconte ses plages des Landes, soi-disant les plus dangereuses de l'univers connu, avec ses baïnes assassines, ses rouleaux fracasseurs, et bla-bla-bli, et bla-bla-bla…  Cette fois, pas de bol pour lui, on est en mission "renfort estival" juste à côté de SA plage, de SES vagues, de SES noyés et de SON sable, alors on ne le prévient pas, et on lui rend visite. Ah oui, de SES bombes atomiques, aussi.

Donc cinq CRS dans notre joli fourgon, et direction la plage de l'Albatros - ce n'est pas le nom de la plage, mais du sauveteur. Deux mètres de haut, une envergure gigantesque et des activités nautiques : le surnom inévitable. Et effectivement, à plus de cent mètres de son poste, on le reconnaît, de dos, tanqué en V majuscule dans un de ses T-shirts administratifs, dont on sait qu'il les a fait retailler par une couturière exprès pour faire saillir ses muscles du bras au sortir de la manche, et souligner son buste taillé en publicité géante pour salle de musculation.

Notre arrivée le met en joie, immédiatement. Il faut bien avouer que la joie, chez l'Albatros, n'est pas ce qu'on appelle démonstrative. Un large sourire qui fait briller ses impeccables dents sous les lunettes polarisantes tout aussi rutilantes, et déjà la rigolade est passée. L'Albatros est un cas.

Notre arrivée ne passe pas inaperçue, tant nos uniformes sont à la limite du grotesque sur cette immense plage blanche surchauffée. Des familles, des gamins, … et des bombes atomiques. Une grappe de filles pour calendriers, en strings électrisants, jouant innocemment mon œil à ces jeux de plages qui font ressortir toutes leurs courbes dans toutes les positions, ou dorant au soleil sur des draps de bain légèrement huilés du contact innocent mon œil de leurs corps alanguis sous la sieste brunissante.

Nos cinq regards ne peuvent se détacher du spectacle de l'une d'entre elles, svelte trentenaire, très grande, brune d'un brun corbeau et d'un bronzage irréprochable de sportive méditerranéenne. Une tête de plus que toutes les filles présentes : une sudiste grande et musclée, déliée et ravageuse, dans un maillot une pièce rouge pétant trop petit de deux tailles, ou alors la mode est vraiment à la couverture minimale et trop suggestive, cet été.

- Euh, l'Albatros, tu l'as vue, la grande près de ton Poste de Secours ?

- La brune ? Je l'ai vue. Je la connais.

- Et alors ?

- Et alors achetez les mêmes lunettes que moi. Moi au moins, elle peut croire que je surveille la mer.

Avantage indéniable des lunettes réfléchissantes : ces nageurs-sauveteurs sont des techniciens éprouvés. Tout en regardant distraitement – tu parles – les naïades mieux que nues s'ébrouer au sortir des rouleaux blancs, rouleaux grondants et palpitants je suppose de les avoir innocemment massées, nous continuons notre conversation avec le grand diomédéidé.

Elle roule sur le sauvetage, la mer, les patrouilles en Zodiac® ou en scooter des mers, la bagarre avec les vagues, la nécessaire connaissance de tous ses pièges, marées comme récifs, ainsi que les petits bobos des estivants, l'inconscience de certains, les coups de soleil, les débuts de noyades, l'appel à l'hélico… Il évoque, simple et calme comme à l'accoutumée, les plongeons des sauveteurs commandés par l'homme de surveillance sur sa chaise d'arbitre près du poste de secours, le coup d'œil qu'il faut avoir pour repérer la viande à filin, et …

- La viande quoi !?

- La viande à filin. Vous connaissez pas l'expression ? Ah bon. Attendez, je vais vous en montrer une. Tiens, ça tombe bien, vous voyez le blaireau là-bas ?

Ledit blaireau est un trentenaire ordinaire, plutôt bien bâti, sorti d'une petite voiture puissante et rutilante en short long et multicolore, typique des fringues de surf. Il détache d'ailleurs de sa galerie une planche adornée de motifs psychédéliques et s'apprête à se jeter dans les rouleaux, les énormes et bruyants rouleaux, on dirait bien qu'ils ont grossi depuis tout à l'heure.

- Ben quoi, c'est un surfeur ?

- Non. Je suis un surfeur. Mes collègues aussi. Lui, c'est juste un branleur qui a acheté une planche, est passé chez le coiffeur pour sa coupe d'été, et qui va emballer de la pouffe avec sa bagnole cirée, sa planche toute neuve et son bronzage aux UV artificiels. Viande à filin. Vous allez voir, je lui donne un quart d'heure, pas plus.

Bon. L'Albatros est un taiseux, et on dirait bien que trente secondes de parlotte d'affilée constituent un maximum d'explication. On connaît l'oiseau, aucune inquiétude, il ne parle jamais pour ne rien dire. Et surtout un évènement nous distrait de l'explication : la brune de tout à l'heure le regarde, plein face, effrontément, en se relevant d'une chute quelconque suite à un jeu de ballon superflu, couverte d'une fine pellicule de sable sur tout un côté, avec des yeux qui ne trompent pas, des yeux dévoreurs et propriétaires.


                                                          à suivre...

Par Serge REYNAUD - Recommander - Voir les 13 commentaires - Ecrire un commentaire
Dimanche 1 novembre 2009
- Publié dans : Classement et pertinence

Je vous épargnerai les policière sal*pe et autres ba*ser un policier, qui restent de grands classiques de consultation de police-histoires mais qui n'ont plus pour moi la fraîcheur des débuts, quand on découvre les requêtes qui amènent les internautes jusqu'au site. A-peine évoquerai-je cette fois le belle-mère aux seins lourds du 4 octobre, parce que ça, oui, voilà, c'est nouveau, c'est frais, ça surprend encore le blogueur blasé. Revue de requêtes :

Manchot de toute les race, 12° le 7 septembre : parfaitement, quand on me demande gentiment, je fais dans le docu animalier. Bisounours qui danse me classe 5° le même jour, normal, qu'est ce que je viens de dire ?

Le 8, homme à poil dans les vestiaires, sur le moteur over-blog, me place 3°. Hervé, un de mes collègues de vestiaire - 87 kg grassouilles pour 1 petit mètre 70 - sera émoustillé d'apprendre qu'un internaute a pensé à lui.

Le 9, maing courante combien on peu en fair de police, 8° pour une raison qui m'échappe, au même titre que la question. Tout comme d'ailleurs le même jour figure carnets ta police, même classement, même réaction désabusée,merci.

Mais consolation immédiate : une femme ouvre son chemisier devant la police, 3°, excellent classement, et très bonne idée.

Mon gradé en police est con, 2° le 19 septembre. Impossible, moins qu'improbable ! Un gradé con dans la police ? M'enfin, je le saurais, non ? En effet depuis dix ans je suis gradé, ce qui m'évite toute probabilité sérieuse de devenir con. Puisque je suis gradé. N'est ce pas.

Poignets menottés par sa maitresse, 20° le 2 octobre. Pourquoi ça cite police-histoires ? Pourtant je n'ai jamais vécu… enfin, je n'ai jamais écrit… ou plutôt je n'ai jamais eu de – comment a-t-il écrit ?  maitresse ... Je ne sais même pas ce que c'est, des poignets !

Hypnotic coiffure place emile zola, En N°2, il lui a proposé mon site, on ne sait jamais, ce  flic fait tout, la lessive, la vaisselle, le repassage, un bouquin, alors si tu lui demandes gentiment, une petite coupe vite fait…

Histoires émasculation, sur altavista, me classe premier le 15 octobre. Celui-là, je vais tenter de l'oublier.

Comme tous les autres d'ailleurs... Je vais tenter de les effacer, ces requêtes étranges, ça devient limite, cette appétence que je développe pour les demandes bizarroïdes des internautes ! Allez, demain, j'arrête.

Mais voilà, le 17 octobre: pourquoi on portait des bonnets de nuit, 12° au classement, et c'est vrai au fait : pourquoi ?

 

Par Serge REYNAUD - Recommander - Voir les 5 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 28 octobre 2009
- Publié dans : Hiérarchie

 








En sortant de la réunion de plus de trois heures avec les autorités du Ministère de l'Intérieur local, les flics de l'European Union Police Mission, dont nous, les trois Français, avaient vraiment besoin de décompresser.

Une salle minuscule, des correspondants qui fumaient tous comme des aciéries indiennes, un ordre du jour très technique, plus l'obligation de s'exprimer en anglais puis l'attente de la traduction en serbe, nous avaient mis la tête comme un tambour. Il était temps d'aller déjeuner, de parler d'autre chose avant de mettre tout ça par écrit tranquillement.

Nos collègues anglais et allemands nous invitèrent dans un petit restaurant situé tout près qui, pour un prix dérisoire, nous concocterait un repas local sans prétention. Nous acceptâmes avec plaisir : en poste depuis moins d'une semaine, nous n'avions encore aucune adresse de ce genre au catalogue.

Nous leur précisâmes donc qu'ils n'avaient qu'à nous attendre, le temps de nous changer et nous serions là d'ici un gros quart d'heure. La tête des Anglo-saxons fit plaisir à voir : la définition vivante du terme "ahuri ".

Visiblement, nous avions dû prononcer un mot pour un autre, car ils semblaient plus que dubitatifs. Nous laissâmes donc notre collègue gendarme – de loin notre meilleur anglophone - réitérer notre programme pour les minutes à venir. Nous changer puis les rejoindre au restaurant.

La réponse que nous fit le constable anglais fit changer l'hébétude de camp.

- Vous ne venez pas comme vous êtes ? Vous avez honte de votre uniforme ?

Des décennies cumulées de routine française explosèrent en silence sur un trottoir de Sarajevo.

Les citoyens anglais, entre autres, comprennent parfaitement qu'un policier mange, boive un verre d'eau dans un restaurant, aille aux toilettes. Le règlement français quant à lui est très strict, aucun flic ou gendarme ne doit être identifiable comme tel dans un restau sur le territoire*. Pourquoi ? Parce que.

Il nous a fallu plus d'un mois, plus d'un repas à nous demander inconsciemment à quel moment on se ferait choper, avant d'adopter les mœurs internationales.

- On va à quel restau ? / Je sais pas, aujourd'hui je mangerais bien chez les Musulmans, pas toi ?

- Je t'offre un jus en terrasse ? / Pas de problème, j'arrive.

- Messieurs, vous venez boire le thé à la menthe en face ? / Bien monsieur le directeur, on vous suit.

Et au bout d'un an, il a fallu rentrer.

- Boire un café ? Ici ? Tu veux te faire virer ?!

 

 

* à de très rares exceptions près.

Par Serge REYNAUD - Recommander - Voir les 8 commentaires - Ecrire un commentaire
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